Message du Secrétaire général des Nations Unies à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, 24 janvier 2019

Aujourd’hui, nous célébrons la première Journée internationale de l’éducation.
L’éducation transforme la vie. Comme l’a dit un jour Malala Yousafzai, Messagère de la paix, « un enfant, un professeur, un livre et un crayon peuvent changer le monde ». Nelson Mandela avait raison de qualifier l’éducation « d’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».
Bien avant de rejoindre l’Organisation des Nations Unies ou d’occuper des fonctions officielles dans mon pays, j’ai été enseignant. C’est dans les taudis de Lisbonne que j’ai découvert que l’éducation était un moteur de la lutte contre la pauvreté et une force de paix.
Aujourd’hui, l’éducation est au cœur des objectifs de développement durable.

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L’ONU appelle le groupe d’experts sur la coopération numérique à proposer des idées audacieuses

Internet, Secrétaire Général, Antonio Guterres, Gouvernance

Photo ONU/Adam Kane
Groupe de haut niveau sur la coopération numérique présidé par la philantrope Melinda Gates (à gauche) et le fondateur d’Alibaba, Jack Ma (tenant le microphone). Janvier 2019.

Des décideurs du monde entier ont discuté cette semaine à l’ONU à Genève comment limiter le risque croissant de cyberattaques internationales tout en promouvant les avantages des technologies numériques. Le chef de l’ONU a appelé à « des idées audacieuses et innovantes. »
Dans son appel à un groupe d’experts des Nations Unies présidé par la philanthrope Melinda Gates et le fondateur d’Alibaba, Jack Ma, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a invité ses membres à réfléchir aux risques et aux avantages de notre ère numérique, la ‘quatrième révolution industrielle’.
« Nous avons besoin de nouvelles idées et d’idées novatrices pour exploiter les avantages et gérer les risques de cette ère numérique », a-t-il déclaré par liaison vidéo, tout en exhortant le Groupe de haut niveau sur la coopération numérique à réfléchir à la manière dont la technologie pourrait accélérer le Programme 2030 pour le développement durable.

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Des milliers de Nigérians fuient les violences et se réfugient au Tchad (HCR)

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que 6.000 Nigérians ont fui la violence pour se réfugier au Tchad voisin. « Une nouvelle recrudescence de la violence dans le nord-est du Nigéria a contraint des milliers de personnes – pour la plupart des femmes et des enfants – à rechercher la sécurité dans la région du lac Tchad, au Tchad », a déclaré un porte-parole du HCR lors d’un point de presse ce mardi à Genève.
Selon Charlie Yaxley, ces civils nigérians fuient depuis le 26 décembre la région agitée de Borno, lorsque des affrontements ont éclaté entre les forces gouvernementales d’Abuja et des groupes armés non étatiques dans la ville de Baga, près de la frontière tchadienne. De nombreux réfugiés ont traversé le lac pour arriver dans le village tchadien de Ngouboua, situé sur les rives du lac Tchad, à 20 kilomètres de la frontière nigériane.
« Cela prend trois heures pour la traversée », a ajouté M. Yaxley.
En attendant, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et les autorités tchadiennes procèdent à l’enregistrement et à la présélection des nouveaux arrivants afin d’évaluer les besoins en assistance. Mais la grande majorité des nouveaux réfugiés sont des femmes et des enfants, dont plus de la moitié sont des mineurs.
« Les réfugiés ont indiqué à nos équipes qu’ils craignent pour leur vie suite à des menaces de représailles et d’intimidation ayant suivi des attaques de militants. C’est la raison pour laquelle, le HCR s’emploie également à éloigner les réfugiés des zones frontalières pour des raisons de sécurité et à la demande du gouvernement tchadien », a dit le porte-parole.
9.000 réfugiés nigérians rapatriés de force du Cameroun la semaine dernière
Jusqu’à présent, l’agence onusienne a réussi à reloger quelque 4.200 réfugiés dans le camp déjà existant de Dar-es-Salam, situé à 45 km. Les camps accueillent déjà plus de 11.000 réfugiés nigérians arrivés depuis 2014.
Actuellement, les nouveaux arrivants sont hébergés dans des abris collectifs. Sur place, le HCR s’efforce de fournir rapidement un abri et d’autres formes d’aide à ceux qui arrivent, notamment pour les plus vulnérables.
L’agence onusienne distribue des articles de secours, notamment des couvertures, des nattes et des moustiquaires. Les réfugiés reçoivent aussi des repas chauds.
Par ailleurs, le HCR suit également de près le sort de quelque 9.000 réfugiés nigérians qui auraient été rapatriés de force du Cameroun la semaine dernière.
Les réfugiés avaient fui la frontière, après une attaque menée par des militants qui ont saccagé la petite ville frontalière de Rann, dans l’Etat de Borno au Nigéria le 14 janvier 2019. Ces militants particulièrement violents ont pris pour cible des installations militaires, des civils et des complexes humanitaires.
À l’intérieur du Nigéria, les mêmes affrontements ont également contraint des dizaines de milliers de civils à fuir leur domicile. Plus de 30.000 personnes sont arrivées à Maiduguri, ce qui dépasse de loin les capacités des camps existants accueillant déjà des personnes déplacées. Les populations ont besoin d’une aide humanitaire, notamment un abri, de la nourriture, de l’eau et des installations sanitaires.
Dans ces conditions, le HCR réitère son appel aux pays de la région du Bassin du Lac Tchad à maintenir les frontières ouvertes aux réfugiés fuyant l’insécurité au Nigéria.

HCR, Nigeria, Tchad
OIM/Jessica Mamo
Des personnes déplacées sur un site de distribution de nourriture à Rann, dans l’État de Borno, dans le nord-est du Nigéria.

Déclaration attribuable au porte-parole du Secrétaire général sur le Mali

Le Secrétaire général condamne fermement l’attaque perpétrée ce matin contre le camp de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) à Aguelhok dans la région de Kidal. Dix casques bleus tchadiens ont été tués et au moins 25 blessés. Les forces de la MINUSMA ont répondu de manière robuste et plusieurs assaillants ont été tués.
Le Secrétaire général transmet ses sincères condoléances au Gouvernement du Tchad et aux familles et aux proches des victimes. Il souhaite un rétablissement rapide aux blessés et rend hommage au dévouement et au courage des hommes et des femmes servant la MINUSMA au prix de grands risques et sacrifices personnels.
Le Secrétaire général appelle les autorités maliennes, ainsi que les groupes signataires de l’Accord de paix, à ne ménager aucun effort pour identifier les auteurs de cette attaque afin qu’ils puissent être amenés devant la justice aussi vite que possible. Il rappelle que les attaques visant les forces de maintien de la paix des Nations Unies peuvent constituer des crimes de guerre en vertu du droit international. Le Secrétaire général réaffirme que de tels actes n’entameront pas la détermination sans faille des Nations Unies à continuer à soutenir le peuple et le Gouvernement du Mali dans leurs efforts pour bâtir la paix et la stabilité dans le pays.

MINUSMA

Le chef de l’ONU attristé par l’explosion meurtrière d’un oléoduc au Mexique

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré samedi avoir appris avec tristesse l’explosion meurtrière d’un oléoduc le 18 janvier dans l’État d’Hidalgo au Mexique.
« Il présente ses condoléances aux familles des personnes décédées lors de cet incident tragique et souhaite un prompt rétablissement aux blessés », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.
« Le Secrétaire général exprime sa solidarité avec le peuple et le gouvernement du Mexique. Le système des Nations Unies au Mexique est prêt à offrir son assistance aux autorités nationales », a-t-il ajouté.
Selon la presse, au moins 67 personnes ont été tuées et 75 autres brûlées à des dégrés divers dans cette explosion survenue à Tlahuelilpan. Près de 85 personnes sont toujours portées disparues.
L’oléoduc présentait depuis peu une fuite. Les habitants avaient appris la nouvelle, ce qui avait attiré des dizaines de riverains munis de seaux et jerrycans près de l’infrastructure pour récupérer du carburant.
Depuis deux semaines, plusieurs oléoducs acheminant le carburant ont été fermés par le gouvernement qui cherche à stopper ces vols. Cette stratégie a provoqué une pénurie de carburant dans une dizaine d’états du pays, dont la capitale.

Mexique
Photo ONU/Evan Schneider
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Au Sahel, les pasteurs s’aident de satellites pour rechercher de l’eau

Dans la région de Gao, au nord du Mali, Adoum regarde son téléphone. Il est temps d’aller à la recherche de pâturages plus verts pour son troupeau. Il a quelques idées en tête, mais il lui faut d’abord rassembler plus d’informations avant de se lancer dans un voyage de plusieurs semaines.
Au Sahel, le changement climatique s’est traduit par des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus longues qui menacent la capacité de résistance des éleveurs de bétail nomades comme Adoum. Les points d’eau douce sont rares pendant la saison sèche et de nombreux animaux risquent de mourir avant d’atteindre la prochaine oasis, raconte ONU Environnement dans un reportage sur le terrain.
En cas de sécheresse, les éleveurs parcourent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres, avant de trouver un point d’eau adéquat, offrant suffisamment d’eau et de végétation pour répondre aux besoins des nombreux troupeaux qui y sont rassemblés.
« Afin de décider où se rendre, les pasteurs paient généralement un émissaire qui vérifie la région qu’ils ont en tête pour leur prochaine destination et ce dernier leur fait un rapport de la situation. Quelques jours au mieux sont nécessaires pour obtenir les informations à moto, plusieurs semaines si le voyage est entrepris à dos de chameau. C’est coûteux, lent et risqué », déclare Abdoul Aziz Ag Alwaly, responsable des programmes de l’organisation non gouvernementale locale Tassaght, qui travaille avec les pasteurs du Sahel. Il est également membre fondateur du Réseau africain des pasteurs Bilital Maroobé.
Grâce aux téléphones mobiles, cette information est littéralement au bout de leurs doigts. Adoum est l’un des 21 000 pasteurs utilisant le service de téléphonie mobile Garbal qui leur permet de trouver des informations sur les meilleures conditions pour déplacer leur troupeau.
Garbal, un service privé exploité par la société de télécommunications Orange Mali, a été créé par le projet STAMP (adaptation technologique durable pour les pasteurs maliens) en novembre 2017. Il vise à améliorer la résistance des pasteurs au changement climatique grâce à l’accès et à l’utilisation de données satellitaires.
Téléphones, satellites et connaissances locales
Pour accéder au service, les utilisateurs se connectent par téléphone à un centre d’appels ou envoient une demande numérique à une base de données moyennant de petits frais supplémentaires et reçoivent des informations telles que la disponibilité des eaux de surface dans une zone choisie, la disponibilité et la qualité de la biomasse, la concentration du bétail et les prix des céréales et du bétail sur les marchés locaux.
Cependant, les images satellite étant souvent incomplètes, le projet multipartenaire financé par le gouvernement des Pays-Bas et exécuté par la SNV (organisation néerlandaise de développement) a ancré la vérification des informations dans les communautés, en invitant les villageois à vérifier la qualité et la pertinence des informations fournies par les satellites. Par exemple, une source d’eau qui apparaît sur la carte après les précipitations peut disparaître après quelques jours, c’est à dire moins de temps que cela ne prendrait un pasteur pour s’y rendre.
Le projet d’adaptation technologique durable des pasteurs maliens n’est pas un partenariat public-privé typique. C’est une entreprise commune entre le gouvernement, une multinationale et une organisation locale.
Le projet est financé par l’Agence spatiale néerlandaise par le biais de la facilité Géodonnées pour l’agriculture et l’eau. Les Pays-Bas, via Hoefsloot Spatial Solutions, fournissent les images satellite, Orange Mali gère le centre d’appels et TASSAGHT, avec son équipe de pasteurs locaux, collecte et envoie des informations actualisées pour compléter les données provenant de l’espace.
« Nous avons travaillé avec les dirigeants des communautés pour sélectionner quelques personnes par site, puis nous les avons formées à la manière de collecter des données puis de nous les envoyer pour validation avant de les transmettre aux personnes du centre d’appels Orange Mali », explique Alwaly.
« Nous avons invité certains de ces pasteurs pour une formation à Bamako. Certains d’entre eux n’étaient jamais allés dans la capitale. Ils se sentaient comme des pionniers marchant sur un territoire inexploré, découvrant de nouvelles technologies », déclare Catherine Le Côme, coordinatrice du projet Adaptation technologique durable pour les pasteurs maliens de la SNV Pays-Bas. « Cela a été absolument incroyable de faire collaborer des personnes si différentes pour atteindre un objectif commun. »
Vif succès
Lancé à Gao il y a un an, le service Garbal a rencontré un vif succès : 98% des utilisateurs sont satisfaits ou très satisfaits du service et 97,6% saluent l’exactitude des informations.
« La première phase du projet s’est achevée en décembre 2018, mais compte tenu de son succès, nous cherchons maintenant à étendre le service à d’autres régions du Mali et au-delà, puis ajouter des services pertinents pour les pasteurs, tels que des conseils dans le domaine de la santé animale et des produits financiers numériques. »
« La pénurie d’eau est l’un des problèmes les plus pressants auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Assurer l’accès à des sources d’eau abondantes, sûres et propres est un défi de taille, en particulier dans les environnements arides et semi-arides », affirme Lis Mullin Bernhardt, experte en eau douce à ONU Environnement.
« Des projets comme celui-ci complètent parfaitement les travaux d’ONU Environnement sur la gestion des écosystèmes d’eau douce et l’aide aux communautés touchées par de graves sécheresses. En outre, nous considérons que l’imagerie par satellite est un outil puissant pour aider les pays à surveiller et à mettre en œuvre les objectifs de développement durable (ODD), notamment en utilisant les observations de la Terre dans le contexte de l’objectif 6 lié à l’eau. »
En amont de la tenue de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement en mars prochain, à Nairobi, ONU Environnement exhorte tout un chacun à penser à la planète et à vivre simplement. Rejoignez le débat sur les réseaux sociaux en utilisant le mot-dièse #SolutionsInnovantes pour partager vos histoires et découvrir ce que font les autres afin d’assurer un avenir durable à notre planète.

ONU, Environnement, Sahel, Pastoralisme, Télédetection, Eau
FAO/Giulio Napolitano
Des bergers amènent leur bétail à un point d’eau au Niger, dans la région du Sahel.

Il faut aider un nombre croissant de personnes exclues du développement, selon Michelle Bachelet

De nombreux pays ne parviennent pas à protéger et à promouvoir les intérêts de tous leurs citoyens, bien qu’ils se soient engagés à le faire en 2016, a déclaré mercredi la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet.
Lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l’homme à Genève pour examiner les progrès accomplis dans la réalisation des 17 objectifs de développement durable (ODD) du Programme 2030, Mme Bachelet a insisté sur le fait que « dans l’ensemble, nous ne sommes pas sur la bonne voie » pour atteindre ces objectifs ambitieux.
« Le Programme 2030 est un engagement à renforcer la coopération internationale pour un ordre international plus équitable », a-t-elle déclaré. « Mais avant tout, il s’agit d’une promesse adressée à des personnes jusque-là exclues du développement : les communautés marginalisées, sans pouvoir et exclues; des millions de femmes, de minorités raciales, religieuses et de castes, de peuples chautochtones, de migrants, de personnes handicapées, de Roms et de pauvres ».
Reconnaissant « les progrès considérables accomplis dans certains pays » dans la lutte contre l’extrême pauvreté, la diminution du taux de mortalité des moins de cinq ans et dans la promotion de l’éducation, Mme Bachelet a énuméré les nombreux obstacles qui continuent d’empêcher un développement équitable pour tous. L’inégalité des femmes est un obstacle majeur, a-t-elle insisté, aux côtés de la faim, de la guerre et du changement climatique.
Plus de 44.000 personnes chaque jour sont obligées de fuir
« Les conflits détruisent la vie, l’espoir et la capacité des gens à gagner leur vie de manière décente dans les endroits où ils sont nés », a-t-elle déclaré. « 44.400 personnes sont obligées de fuir leur domicile chaque jour à cause d’un conflit ou de la persécution. Les changements climatiques génèrent des catastrophes écologiques accablantes, qui dévastent les infrastructures de base et exacerbent les tensions et les conflits », a-t-elle ajouté.
Se demandant si les nations du monde pourraient atteindre le « grand objectif » de ne laisser personne de côté d’ici 2030, la cheffe des droits de l’homme de l’ONU a cité des données de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui indiquent un écart grandissant entre les riches et les pauvres, malgré la productivité accrue des travailleurs.
« Alors qu’il ne reste que 12 ans d’ici 2030, nous avons besoin d’un sentiment d’urgence accru pour tenir la promesse du Programme aux peuples du monde », a-t-elle déclaré, avant d’expliquer que les résultats de la réunion du Conseil des droits de l’homme contribueraient aux travaux du Forum politique de haut niveau (FPHN) aux Nations Unies à New York en juillet prochain, plateforme centrale de l’Organisation pour le suivi et l’examen du Programme de développement durable à l’horizon 2030.
S’attaquer aux inégalités grandissantes
Aux côtés de Mme Bachelet, Mary Robinson, ancienne Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a souligné la nécessité de s’attaquer aux inégalités grandissantes « entre les pays et à l’intérieur des pays », insistant que la richesse et les opportunités se « concentraient de plus en plus entre les mains de quelques-uns ».
De telles inégalités créent des gagnants et des perdants, a déclaré Mme Robinson, servant à « catalyser les troubles sociaux, approfondir les divisions et accroître la xénophobie ».
Mme Robinson, qui dirige la Fondation Justice climatique, qui cherche à protéger les droits des personnes touchées par le changement climatique, a souligné l’impact du changement climatique sur les communautés vulnérables. « Lorsque les barrages inondent les terres des peuples autochtones, les activités minières polluent les sources d’approvisionnement en eau locales et les projets d’infrastructure déplacent les communautés appauvries, ces efforts de développement sont déployés aux dépens de la réalisation des droits humains pour tous », a-t-elle déclaré.
Les gouvernements de nombreuses régions du monde « ne parviennent pas à fournir les services essentiels », a-t-elle ajouté, notamment l’accès aux soins de santé, à l’éducation, à un logement de qualité, à l’assainissement ou à l’eau potable. « Les populations se voient systématiquement refuser l’accès à l’information et à la justice. Cela doit changer. Les normes relatives aux droits de l’homme constituent un rempart contre les progrès incohérents et inégaux vers les objectifs de développement durable et doivent être utilisées comme telles ».
Après avoir invité les gouvernements à associer leurs efforts pour limiter le réchauffement de la planète à la mise en œuvre du Programme 2030 de développement durable fondé sur les droits, Mme Robinson a expliqué comment le Conseil des droits de l’homme avait montré ce qui était possible en chargeant ses organes subsidiaires et ses enquêteurs d’intégrer le principe des objectifs de développement dans leurs rapports.
«J’exhorte tous les États et autres acteurs à tirer parti des synergies entre les droits de l’homme et le Programme 2030 », a-t-elle déclaré, « en intégrant les rapports sur le développement aux rapports sur les droits de l’homme et en collaborant étroitement avec les détenteurs de droits, les institutions nationales de défense des droits de l’homme et d’organismes pour l’égalité afin assurer des approches transparentes et efficaces ».

Conseil des Droits de l'Homme, ODD, HCDH
© UNICEF/UNI154440/Pirozzi
Des enfants dans la ville de Shumen, dans le nord de la Bulgarie (2013)

Soudan : l’ONU préoccupée par l’usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques

La cheffe des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, s’est dit jeudi vivement préoccupée par des informations crédibles faisant état d’un usage excessif de la force par les forces de l’ordre soudanaises contre des manifestants pacifiques au Soudan.
Depuis le 19 décembre, les autorités soudanaises sont confrontées à une vague de manifestations à travers le pays. Des manifestations qui sont parfois réprimées à balles réelles par les forces de sécurité. Or selon Mme Bachelet, la Haut-Commissiaire des Nations Unies aux droits de l’homme, « une réponse répressive ne peut que détériorer les griefs », et d’appeler les autorités à résoudre les tensions par le dialogue et toutes les parties à faire preuve de « retenue ».
Selon les médias, ces manifestations ont été déclenchées à la mi-décembre 2018 par la hausse du prix du pain. Elles se déroulent dans plusieurs villes soudanaises, notamment Wad Madani, Port-Soudan, Al-Qadarif, Atbara, Berbère, Dongla, Karima, Al-Obeid, Khartoum, Sinar, Barar, Nyala et Omdurman.
Selon les services de la Haut-Commissaire Bachelet, le gouvernement soudanais a confirmé que 24 personnes seraient mortes au cours de ces manifestations, mais d’autres sources crédibles suggèrent que « le nombre de morts pourrait être presque deux fois plus élevé ». Beaucoup d’autres manifestants ont été blessés.
« Selon les informations reçues, les forces de sécurité auraient également suivi des manifestants jusqu’à l’hôpital d’Omdurman et tiré des gaz lacrymogènes et des balles réelles à l’intérieur des locaux de l’hôpital », fait valoir le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) dans un communiqué rendu public ce jeudi à Genève. Les rapports suggèrent également que la police a tiré des gaz lacrymogènes à l’intérieur de l’hôpital universitaire de Bahri et de l’hôpital Haj Al-Safi. Ces deux hôpitaux sont situés au nord de Khartoum, où des groupes d’opposition ont organisé une grande manifestation.
Plus de 800 arrestations en lien avec les manifestations
Les autorités ont également confirmé qu’au 8 janvier, au moins 816 personnes avaient été arrêtées en rapport avec les manifestations, dont des journalistes, des leaders de l’opposition, des manifestants et des représentants de la société civile.
Face à cette répression, la cheffe des droits de l’homme de l’ONU a appelé le gouvernement soudanais à protéger l’exercice des Soudanais aux droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, indépendamment de leur allégeance politique. « Le gouvernement doit veiller à ce que les forces de sécurité traitent les manifestations conformément aux obligations internationales du pays en matière de droits de l’homme, en facilitant et en protégeant le droit à la liberté de réunion pacifique », a ajouté Mme Bachelet. En outre, en tant qu’État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques depuis 1986, le Soudan est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les privations arbitraires de la vie par ses responsables de l’application des lois.
Par ailleurs, si des comités d’établissement des faits avaient été mis en place par le gouvernement et la Commission nationale des droits de l’homme, la Haut-Commissaire insiste pour que toute « enquête soit menée rapidement, de manière approfondie et transparente, dans un souci de responsabilité ».
« J’appelle également les autorités à veiller à ce que toutes les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté de réunion et d’expression pacifiques soient rapidement libérées et à ce que leurs droits soient pleinement protégés », a ajouté Michelle Bachelet, qui a exhorté les autorités à œuvrer « pour résoudre cette situation tendue par le dialogue et à toutes les parties à s’abstenir de recourir à la violence ».
Enfin, Mme Bachelet a souligné que le HCDH était prêt à déployer une équipe au Soudan pour conseiller les autorités et les aider à garantir qu’elles agissent conformément aux obligations internationales du pays en matière de droits de l’homme.

Soudan, DRoits de l'Homme, HCDH
Photo PAM/Abeer Etefa
Vue aérienne de Khartoum, capitale du Soudan.

Mali : l’ONU appelle à maintenir l’élan dans la mise en œuvre de l’accord de paix

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Mali, la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux opérations de paix, Bintou Keita, s’est dit « particulièrement encouragée » par la dynamique constructive qui semble aujourd’hui dominer les relations entre les parties prenantes dans ce pays.
Mme Keita a déclaré avoir pu constater cela le mois dernier lors d’une visite conjointe au Mali avec le Sous-Secrétaire général des Nations Unies chargé de l’appui à la consolidation de la paix, Oscar Fernandez-Taranco.
« De l’avis général, depuis la tenue de l’élection présidentielle en juillet et août derniers, un accent plus marqué a été constaté dans le cadre de cette mise en œuvre de l’accord », a déclaré Bintou Keita, précisant que la visite avait eu pour objectif de prendre la mesure des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’accord de paix de 2015.
Selon la Sous-Secrétaire générale, la détermination des parties signataires s’est illustrée, notamment, par la création en septembre d’un ministère chargé du suivi de la mise en œuvre de l’accord, par la signature en octobre du pacte pour la paix, et par le rythme plus soutenu des réunions du Comité de suivi de l’accord au cours des derniers mois.
Bintou Keita a affirmé qu’il était « trop tôt pour évaluer de manière complète l’impact des sanctions prises par le Conseil de sécurité en décembre contre trois personnes qui entravent la mise en œuvre de l’accord de paix ».
Elle a cependant souligné que les parties ont pleine conscience du sentiment de frustration du Conseil et de son impatience vis-à-vis des retards persistants dans la mise en œuvre de l’accord.
Par le biais des entretiens avec les parties, elle a pu constater que la Mission de paix des Nations Unies dans le pays (MINUSMA) « continue d’être perçue comme jouant un rôle politique essentiel, œuvrant avec toutes les parties pour accélérer la mise en œuvre de l’accord ».
Des avancées dans la mise en œuvre de l’accord de paix
La Sous-Secrétaire générale a ensuite déclaré que les avancées soulignées dans le dernier rapport du Secrétaire général portent sur des questions centrales au processus de paix notamment les réformes institutionnelles envisagées par l’accord de paix.
« La reconstitution et la réforme des forces de défense et de sécurité demeurent un élément essentiel pour asseoir une paix durable au Mali », a affirmé Bintou Keita, ajoutant que « le lancement en novembre d’un processus de démobilisation, désarmement et réintégration accéléré constitue un premier pas concret dans cette direction »
Sur le plan des réformes institutionnelles visant à renforcer la décentralisation, elle a salué l’organisation en novembre de consultations sur le découpage administratif comme une première étape dans la conduite de la réforme territoriale.
« Le dialogue doit se poursuivre en vue d’obtenir un consensus sur ces réformes », a-t-elle dit avant d’inviter le gouvernement et la classe politique issue de l’opposition et de la majorité à poursuivre leurs efforts en vue d’assurer plus d’inclusivité dans ces discussions.
En matière de réconciliation nationale, face au report par l’Assemblée nationale des discussions sur la loi d’entente nationale pour permettre plus d’inclusion, Mme Keita a exhorté les parties à poursuivre les efforts en soutien au processus de réconciliation, indispensable pour concrétiser la vision d’un Mali uni, ancré solidement sur le chemin de la paix.
Montée significative des violences dans le centre du pays
Mme Keita a fait part de sa grave préoccupation concernant la situation sécuritaire dans le centre du pays, et plus précisément à Gao et à Mopti.
Elle a noté l’utilisation croissante d’engins explosifs improvisés en particulier dans cette région du pays ainsi que l’intensification de l’instrumentalisation des tensions intercommunautaires par les groupes extrémistes armés.
La MINUSMA et le Service de la lutte antimines de l’ONU continuent de soutenir les autorités maliennes en matière de conseils, de formation et d’équipements spécialisés pour atténuer les risques posés par cette menace. La Mission a également renforcé son soutien au gouvernement pour répondre à l’évolution rapide de la situation et pour protéger les civils.
« La détérioration de la situation a fait augmenter le nombre des personnes déplacées de 75% en décembre 2018 par rapport à juin 2018 » a affirmé la Sous-Secrétaire générale aux opérations de paix, ajoutant que la situation humanitaire au Mali « reste grave » avec 2,3 millions de personnes vulnérables et plus de 800 écoles fermées en raison de l’insécurité.
Mme Keita a réitéré l’appel du Secrétaire général aux acteurs nationaux, régionaux et internationaux à redoubler leurs efforts pour répondre aux menaces multiples au Mali et dans la région du Sahel, et en particulier, à prendre toutes les mesures nécessaires afin que les forces conjointes du G5 Sahel puissent reprendre le plus rapidement possible leurs opérations.

Mali, MINUSMA, Accord de paix
MINUSMA/Photo Marco Dormino
La Sous-Secrétaire générale aux opérations de paix, Bintou Keita, rencontre des bénéficiaires d’un projet d’appui aux victimes de violences sexuelles et sexistes à Gao, au Mali.

Climat, développement durable et nouvelles technologies – le chef de l’ONU appelle à accélérer les efforts en 2019

Devant les Etats membres de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé mercredi à accélérer cette année les efforts pour lutter contre le changement climatique, mettre en œuvre un développement durable et utiliser au mieux les nouvelles technologies.
Il a tout d’abord rappelé les « acquis importants de l’année 2018 ». « Malgré des vents contraires (…), nous avons montré notre valeur ajoutée. Grâce à votre engagement, nous avons fait une réelle différence. Nous nous sommes concentrés sur les résultats, ce qui a permis à l’ONU d’être plus réactive et plus respectée », a-t-il dit dans un discours lors d’une réunion informelle de l’Assemblée générale au siège des Nations Unies à New York.
Le Secrétaire général a cité en particulier le cessez-le-feu négocié par l’ONU au Yémen « pour mettre fin à la pire des catastrophes humanitaires au monde » et l’accord de paix conclu au Soudan du Sud.
Il s’est aussi félicité qu’après des années d’efforts, la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Libéria ait conclu son travail, « consolidant les succès d’autres opérations des Nations Unies en Afrique de l’Ouest » et a noté que dans des contextes difficiles, notamment à Madagascar, au Mali, aux Maldives et au Libéria, « des élections importantes se sont déroulées avec succès, la plupart avec le soutien actif de l’ONU ».
« Nous espérons maintenant que le processus électoral en République démocratique du Congo se conclura sans violence et dans le plein respect de la volonté du peuple congolais et des règles juridiques et constitutionnelles du pays », a-t-il ajouté.
Une Organisation plus agile, plus efficace et plus souple
Le chef de l’ONU a également mis en avant d’autres progrès faits en 2018 sur des enjeux cruciaux, en particulier l’adoption du programme de travail relatif à l’Accord de Paris sur le climat à Katowice (Pologne) et l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières à Marrakech (Maroc).
« Nous devrions nous sentir encouragés par ces succès », a-t-il dit, tout en notant que beaucoup de gens considèrent encore l’ONU comme inefficace, lourde et bureaucratique. « Nous voulons tous une organisation plus agile, plus efficace et plus souple. C’est pourquoi nous nous réformons de manière ambitieuse, pour mieux servir les gens », a-t-il souligné. Selon lui, après deux ans de discussions et de décisions sur la réforme de l’ONU, l’année 2019 verra une ONU renouvelée.
Mais M. Guterres a estimé que ces progrès ne devaient pas laisser place à la complaisance. « Pour répondre aux besoins et aux attentes des personnes que nous servons, nous devons accélérer notre travail. Cela commence par accélérer la montée en puissance de la diplomatie », a-t-il dit.
Il a mentionné un renforcement du partenariat avec l’Union africaine « tout en nous efforçant de consolider les acquis en faveur de la paix sur le continent et de faire pression pour des solutions durables au Mali et dans le Sahel, au Soudan du Sud, en Somalie, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo ».
Relever les trois défis du XXIe siècle
Mais surtout, dans un monde en mutation rapide, le Secrétaire général a appelé à « accélérer considérablement nos efforts » pour relever les trois défis du XXIe siècle : le changement climatique, le développement durable et les nouvelles technologies.
Il a rappelé qu’il convoquerait un sommet sur le climat le 23 septembre pour mobiliser les dirigeants politiques, les entreprises et la société civile.
« Deuxièmement, parallèlement à une réponse considérablement améliorée au changement climatique, nous devons fortement accélérer nos efforts plus larges pour atteindre les objectifs de développement durable », a-t-il dit.
Concernant, les nouvelles technologies, il a souligné les nouvelles possibilités offertes en matière de soins de santé, d’éducation, et d’assistance humanitaire mais a aussi appelé à s’attaquer aux risques négatifs, tels que les perturbations du marché du travail, la militarisation de l’intelligence artificielle et le ‘dark web’.
Le Secrétaire général a conclu en rappelant que ce qui unit l’ONU, « c’est un ensemble de valeurs, les valeurs universelles de la Charte des Nations Unies ».
« Aujourd’hui, ces valeurs sont attaquées dans le monde entier », a-t-il noté, appelant à ne pas oublier les leçons des années 1930. « Il ne peut y avoir de place pour les discours de haine, l’intolérance ou la xénophobie ».

Climat, Développement durable, Changement climatique
Photo ONU/Eskinder Debebe
Le Secrétaire général de l’ONU António Guterres lors d’une réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies.