Archives de l’auteur : Adama Koné

Message du Secrétaire général de l’ONU à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, 19 août 2019

La Journée mondiale de l’aide humanitaire célèbre les travailleurs humanitaires qui, dans le monde entier, risquent leur vie pour sauver et améliorer celle d’autrui.

Cette année, nous rendons tout particulièrement hommage aux travailleuses humanitaires et saluons le rôle essentiel qu’elles jouent pour des millions de femmes, d’hommes et d’enfants ayant besoin d’une aide urgente.

De l’appui aux civils pris au piège dans les situations de crise à la lutte contre les épidémies, les travailleuses humanitaires sont en première ligne. Par leur présence, elles contribuent à étendre la portée des opérations humanitaires et ainsi à accroître leur efficacité. En outre, elles améliorent l’intervention humanitaire menée face à la violence fondée sur le genre, qui s’aggrave dans les situations d’urgence.

Aujourd’hui, nous vous invitons à entendre leurs témoignages percutants et à réaffirmer notre engagement à renforcer le rôle des femmes dans les opérations humanitaires.

Les dirigeants mondiaux, ainsi que toutes les parties aux conflits, doivent garantir la protection des agents humanitaires, conformément au droit international.

Des violations graves du droit international humanitaire et du droit des droits de l’homme continuent d’être commises dans le monde entier. Elles doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, comme chaque jour, défendons les travailleurs humanitaires du monde entier !

Burkina Faso : urgence humanitaire sans précédent, avertit le PAM

Photo : OCHA/Otto Bakano
Le nord du Burkina Faso est confronté à une vague de violences qui a déplacé des populations de plus en plus vulnérables.

Le Burkina Faso, pays d’Afrique de l’Ouest comptant plus de 19 millions d’habitants, est confronté à une urgence humanitaire sans précédent en raison de l’insécurité croissante dans plusieurs régions du Sahel, a averti le Programme alimentaire mondial (PAM) vendredi.

« C’est un réel problème de sécurité alimentaire, en particulier pendant la période de soudure, entre juin et septembre, lorsque la nourriture se fait rare avant la prochaine récolte », a précisé le porte-parole du PAM, Hervé Verhoosel, lors d’un point de presse à Genève.

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L’Ougandaise Winnie Byanyima nommée Directrice exécutive de l’ONUSIDA

Photo ONU/Amanda Voisard
Winnie Byanyima lors d’un événement de l’ONU sur l’autonomisation économique des femmes

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a nommé mercredi 14 août 2019, Winifred «Winnie» Karagwa Byanyima, Directrice exécutive de l’ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida.

« Je suis honorée de rejoindre l’ONUSIDA en tant que Directrice exécutive à un moment aussi crucial de la riposte au VIH », a déclaré Mme Byanyima à l’annonce de sa nomination.

« La fin du sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030 est un objectif qui est à la portée du monde, mais je ne sous-estime pas l’ampleur du défi à relever. En collaboration avec tous ses partenaires, l’ONUSIDA doit continuer à prendre la parole au nom des laissés-pour-compte et à défendre les droits de l’homme comme seul moyen de mettre un terme à l’épidémie », a-t-elle ajouté.

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Message du Secrétaire général de l’ONU à l’occasion de la Journée internationale de la Jeunesse, 12 Août 2019

Cela fait 20 ans que nous célébrons la Journée internationale de la jeunesse. Cette année, celle-ci met à l’honneur les efforts faits pour transformer l’enseignement en vue de le rendre plus inclusif, plus accessible et plus adapté au monde dans lequel nous vivons.
Nous connaissons actuellement une crise de l’enseignement. Trop souvent, l’école ne dote pas les jeunes des compétences dont ils ont besoin pour faire face à la révolution technologique. Les élèves ne doivent pas seulement apprendre : ils doivent aussi apprendre à se former.
Aujourd’hui, les programmes d’enseignement doivent inculquer à la fois connaissances, compétences et esprit critique, incorporer la durabilité et les changements climatiques, et promouvoir l’égalité des genres, les droits de l’homme et une culture de paix.
Tous ces éléments sont mentionnés dans la Stratégie des Nations Unies pour la jeunesse, qui vise à renforcer notre engagement auprès des jeunes et à les aider à exercer pleinement leurs droits.
Aujourd’hui, nous célébrons les jeunes, les organisations dirigées par des jeunes, les gouvernements et toutes celles et tous ceux qui s’efforcent de transformer l’enseignement et d’encourager les jeunes partout dans le monde.

Promotion of the visit of ASG Bintou Kéita in Burkina Faso

The Assistant Secretary-General for Africa in charge of Political Affairs, Peacebuilding and Peace Operations, Ms. Bintou Kéita, visited Burkina Faso from 1 to 04 July 2019.
During this visit, , the Assistant Secretary-General met with the UN Country Team, some   technical and financial partners of Burkina Faso, the Minister of Foreign Affairs and the Head of State of Burkina Faso.

She also made a field visit to Kaya, in the North-Central Region of Burkina Faso, which hosts a significant number of internally displaced persons following the deterioration of the security situation in the country.

UNIC ensured the visibility of this visit through media coverage and social media.

 

Visite de Bintou Kéita, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies, au Burkina Faso

Soutenir et encourager la nouvelle manière de travailler de l’Equipe- pays des Nations Unies pour aider le gouvernement à répondre aux nouveaux défis contextuels du pays.

La Sous- Secrétaire générale des Nations Unies pour l’Afrique, chargée des Affaires politiques, de la Consolidation de la paix et des Opérations de paix, Mme Bintou Kéita, a séjourné au Burkina Faso du 1er au 04 juillet.

Au cours de cette visite dont l’agenda était particulièrement chargé, la Sous-Secrétaire générale a rencontré l’Equipe-pays des Nations Unies, elle s’est entretenue avec des partenaires du Burkina Faso, eu des audiences avec le ministre des Affaires Etrangères et le Président du Faso et effectué une visite de terrain à Kaya, dans le Centre -Nord du Burkina Faso qui accueille un nombre important de personnes déplacées internes suite à la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays.

Rencontrant l’Equipe-pays des Nations Unies (UNCT) dirigée par la Coordonnatrice résidente Metsi Makhetha à l’entame de son séjour, Bintou Kéta a indiqué que par cette visite, elle voulait être auprès de l’UNCT pour apprécier le contexte dans lequel l’Equipe travaille. Il s’agissait aussi de s’enquérir de l’état de la mise en œuvre des recommandations faites par le Comité exécutif suite à la présentation, le 28 mars 2019, du Rapport de la mission inter-agences conduite par le Dr Chambas au Burkina Faso.

Au regard des informations et explications reçues au cours des échanges, la Sous-Secrétaire – générale a félicité l’UNCT pour les efforts accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de ces recommandations et l’a exhorté à adapter sa manière de travailler aux nouveaux contraintes et défis contextuels du Burkina Faso.

Réunion de la Sous-secrétaire générale avec l’Equipe-pays des Nations Unies

Le Ministre des Affaires Etrangères reconnaissant au Nations Unies

Reçue en audience dès son arrivée à Ouagadougou el 1er juillet 2019 par le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, M Alpha Barry,  Bintou Kéita a souligné l’importance particulière que les Nations Unies, et en premier le Secrétaire général, accordaient à la situation difficile que traversait le Burkina Faso. Elle a indiqué que toute l’Organisation et l’Equipe-pays sous le leadership de la Coordonnatrice résidente, étaient mobilisées pour accompagner le Burkina Faso .

Le Ministre des Affaires Etrangères, M Alpha Barry, a pour sa part, remercié les Nations Unies pour l’attention et la mobilisation particulières dont l’Organisation fait montre en faveur du Burkina Faso et l’a appelée à être toujours aux côtés de ce pays qui est résilient mais a besoin d’être aidé.

Dans l’optique de renforcer l’efficacité et l’impact des interventions en faveur des populations, le Ministre des Affaires Etrangères et la Sous-Secrétaire générale s sont accordés sur la nécessité de la mise en place d’équipes intégrées comprenant la partie nationale et les Nations Unies pour faire le monitorage des actions réalisées et celles à à réaliser dans l’optique d’adapter les manières de travailler au nouveau contexte du Burkina Faso.

Audience avec le Ministre des Affaires Etrangères du Burkina Faso, M Alpha Barry

A la rencontre des populations déplacées internes

En vue de s’enquérir de la situation sur le terrain, la Sous-Secrétaire générale accompagnée de la Coordonnatrice résidente du SNU, de membres de l’UNCT et de la mission conjointe Nations Unies, Union européenne, Banque mondiale et Banque africaine de développement, (qui séjournait au Burkina Faso au même moment), s’est rendue le 03 juillet 2019 à Kaya, chef- lieu de la région du Centre-Nord et qui accueille un nombre très important de personnes déplacées internes.

Une situation préoccupante

De l’exposé fait par le Gouverneur de la région du Centre-Nord et le Haut- Commissaire de la province du Sanmatenga (dont Kaya est le chef-lieu) qu’entouraient les directeurs des services déconcentrés de l’Etat, il ressort une situation préoccupante. En effet, à la date du 07 juin 2019, consécutivement à la dégradation de la situation sécuritaire, l’on enregistrait 101 298 personnes déplacées dans la province du Sanmatenga, 340 écoles primaires avaient été fermées dans la région du Centre-Nord et 73 446 élèves n’avaient pas pu terminer correctement leur année scolaire dans la même région. Des contraintes liées à la fermeture de nombreuses formations sanitaires, aux questions agricoles et d’élevage ont également été relevées.

Pour la Sous-secrétaire générale, le but de la visite à Kaya était notamment de venir s’imprégner des défis contextuels :  comment sont-ils vécus, qu’est-ce qui est fait pour les relever et qu’est-ce que les partenaires du pays peuvent faire pour accompagner la réponse du gouvernement. Dans cette optique, la visite permettait aussi d’apprécier le travail d’accompagnement que les Nations Unies font dans la région du Centre-Nord.

Le Gouverneur de la région, tout en félicitant et remerciant les Nations Unies pour leur soutien remarquable, a encore sollicité l’accompagnement des partenaires car le gouvernement fait des efforts mais les besoins sont très immenses.

Séance de travail avec le Gouverneur et les directeurs de services de la Région du Centre-Nord

« Notre préoccupation première est la sécurisation de nos terroirs »

En rencontrant des personnes déplacées internes à Kaya, la Sous- Secrétaire générale des Nations Unies et l’équipe des Nations Unies au Burkina Faso sont venues au contact direct de ces populations contraintes de fuir leur localité et leur domicile à cause de l’insécurité qui y prévaut du fait notamment des attaques de groupes armés.

Adultes, Personnes âgées, jeunes, enfants, Ils ont tout abandonné, tout perdu, forcés de partir pour sauver leur vie. Mais au-delà des nombreux problèmes auxquels ils sont confrontés, la préoccupation première et unanimement exprimée par les personnes déplacées est la sécurisation de leurs terroirs afin qu’elles puissent y retourner en toute quiétude.

Victimes innocentes d’une situation préoccupante, ils comptent sur l’aide du gouvernement et de ses partenaires dont les Nations Unies.

Face à cette situation douloureuse, Bintou Kéita a exprimé à ces populations désemparées, la solidarité et le soutien des Nations Unies.

Echanges avec les jeunes
Echanges avec les enfants
Echanges avec les personnes âgées

Echanges avec les femmes

Echanges avec des groupes de personnes déplacées internes : personnes âgées, femmes, jeunes, jeunes.

L’ouverture de bureaux de proximité des Nations Unies au Burkina Faso : l’expression d’une nouvelle manière de travailler

L’un des temps forts de la visite de la Sous-Secrétaire générale à Kaya fut l’inauguration du bureau des Nations Unies dans cette ville. En tout, cinq bureaux locaux seront ouverts au Burkina Faso et cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre concrète des cinq recommandations faites par le Comité exécutif en mars 2019.

Leur ouverture est l’expression d’une nouvelle manière de travailler des Nations Unies au Burkina Faso :  agir vite, de manière synergique, intégrée et coordonnée.

Préfinancés par l’équipe des Nations Unies au Burkina Faso, ces bureaux de proximité traduisent aussi l’engagement fort des Nations Unies de se rapprocher des populations pour mieux contribuer à la réponse.

S’adressant à la famille des Nations Unies au Burkina après avoir procédé à l‘inauguration du bureau des Nations Unies à Kaya en compagnie du Gouverneur de la région et du Représentant permanent du Burkina Faso à l’ONU, la Sous-Secrétaire générale s’est dite « fière et émue ». « Vous avez commencé une belle aventure que vous devez poursuivre car cet essai nous engage davantage » a-t-elle déclaré tout en félicitant la Coordonnatrice résidente et les membres de l’Equipe-pays pour la diligence et l’abnégation avec lesquelles les recommandations du Comité exécutif sont mises en œuvre.

Pour sa part, le staff des Nations Unies à Kaya a remercié Mme Bintou Kéita pour sa visite à et ses encouragements. Ils se sont dits galvanisés et mobilisés pour relever les défis collectifs.

Le bureau de proximité des Nations Unies à Kaya (région du centre-Nord/ Burkina Faso)

Les autorités nationales mobilisées et engagées face à des défis énormes

Le 04 juillet 2019, dernier jour de sa vite au Burkina Faso, la Sous-secrétaire générale des Nations Unies a été reçue en audience par le Premier ministre M. Christophe Dabiré et le Président du Faso, SEM Roch Marc Christian Kaboré.

A sa sortie d’audience avec le Chef de l’Etat, Bintou Kéita a déclaré que « Le Président du Faso est déjà dans la mise en œuvre de nos visions de solidarité et d’unification de la Nation face aux défis auxquels le Burkina Faso doit faire face. »

 La Sous-Secrétaire générale Bintou Kéita reçue en audience par le Président du Faso SEM. Roch Marc Christian Kaboré  (à gauche) et le premier Ministre , M. Christophe Dabiré.

S’entretenant à la fin de son séjour avec l’Equipe des Nations Unies, la Sous-Secrétaire générale a relevé que des efforts majeurs ont été faits sur le terrain pour la mise en œuvre des recommandations du Comité exécutif. L’on peut citer dans ce cadre, l’ouverture de bureaux de proximité des Nations Unies au Burkina Faso.

Message du secrétaire general des nations  à l’occasion de la Journée mondiale de la population

Message du secrétaire general des nations  à l’occasion de la Journée mondiale de la population – 11 juillet 2019

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 est le plan d’action dont le monde s’est doté pour bâtir un avenir meilleur pour toutes et tous sur une planète saine. En cette Journée mondiale de la population, nous ne pouvons nier que cette mission est étroitement liée aux tendances démographiques, parmi lesquelles la croissance démographique, le vieillissement de la population, les migrations et l’urbanisation.

 

Si la population mondiale, dans l’ensemble, continue d’augmenter, cette croissance est inégale. Dans nombre des pays les moins avancés, le développement durable est menacé par la rapidité de la croissance démographique et la vulnérabilité face aux changements climatiques. Dans d’autres pays, la difficulté tient au vieillissement de la population, notamment à la nécessité de permettre à chacun de vieillir en restant actif et en bonne santé et de bénéficier d’une protection sociale suffisante. Alors que le monde continue de s’urbaniser (68 % de la population mondiale devrait vivre en milieu urbain d’ici 2050), le développement durable et les changements climatiques seront de plus en plus tributaires d’une croissance urbaine maîtrisée.

 

Nous devons non seulement maîtriser ces tendances démographiques, mais également tenir compte de la relation entre population, développement et bien-être individuel. Il y a 25 ans, lors de la Conférence internationale sur la population et le développement tenue au Caire, les dirigeants du monde ont pour la première fois énoncé les liens qui existaient entre population, développement et droits de l’homme, y compris les droits en matière de procréation. Ils ont également convenu que la promotion de l’égalité des sexes était à la fois un impératif moral et une des voies les plus fiables vers le développement durable et l’amélioration du bien-être de tous.

La Journée mondiale de la population de cette année est l’occasion d’appeler l’attention de la communauté internationale sur les objectifs de la Conférence du Caire qui doivent encore être atteints.

Malgré les progrès accomplis dans le sens d’une réduction de la mortalité maternelle et des grossesses non désirées, de nombreux problèmes subsistent. Partout dans le monde, nous constatons un recul des droits des femmes, notamment en ce qui concerne les services de santé essentiels. Les problèmes liés à la grossesse demeurent la principale cause de décès chez les filles de 15 à 19 ans. La violence fondée sur le genre, qui tire son origine de l’inégalité, continue de faire des ravages.

En novembre, un sommet marquant le 25e anniversaire de la Conférence du Caire se tiendra à Nairobi. J’invite les États Membres à y participer au plus haut niveau et à y prendre des engagements politiques et financiers fermes en vue de la réalisation du programme d’action de la Conférence.

 

Concrétiser la vision de l’avenir esquissée lors de la Conférence internationale sur la population et le développement ouvrira des perspectives à celles et ceux qui ont été laissés de côté et contribuera à ouvrir la voie à un développement durable, équitable et partagé par tous.

Nous devons changer radicalement notre façon de penser : l’inclusion est essentielle à notre survie

Nous devons changer radicalement notre façon de penser :
l’inclusion est essentielle à notre survie.

Par Amina Mohammed,  Vice-Secrétaire générale de l’ONU

Dans la perspective du premier examen mondial des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable, la Vice-Secrétaire générale de l’Organisation des Nations Unies, Amina Mohammed, fait valoir qu’il est impératif de lutter contre l’exclusion et les inégalités croissantes.

Dans un peu plus de deux mois, les dirigeants mondiaux se réuniront au Siège de l’Organisation des Nations Unies, à New York, à l’occasion du sommet mondial sur les objectifs de développement durable, le premier depuis que le Programme 2030 a été adopté en 2015.

Ce sommet se tiendra à un moment décisif. Après des décennies de relative stabilité, nous traversons une période d’incertitude, voire d’instabilité. La coopération internationale régresse. Les taux de croissance économique sont en baisse. Certains pays et régions réagissent à cette situation en se repliant sur eux-mêmes et en privilégiant la division et l’exclusion. Or, ce type de réflexion à courte vue ne fera qu’aggraver les difficultés auxquelles le monde fait face.

Bon nombre de ces difficultés viennent des cadres économiques et sociaux fondés sur l’exclusion et la discrimination que nous avons bâtis au fil des siècles, voire des millénaires. Depuis le colonialisme jusqu’à la crise climatique, nous vivons les conséquences mortifères de l’exclusion, de l’intolérance et du manque de respect pour la différence.

Les inégalités, déjà profondes, ne cessent de se creuser. D’ici à 2030, le centile le plus riche de la population pourrait contrôler les deux tiers de la richesse de la planète. Les droits des minorités et des personnes marginalisées, en particulier des réfugiés et des migrants, sont régulièrement bafoués. La violence est employée pour asseoir le patriarcat et, chaque jour, des millions de femmes et de filles sont aux prises avec l’insécurité et voient leurs droits violés. Les dépenses militaires augmentent, alors même que les sociétés ne fournissent pas les services de base à la population.

 

Certains pays et régions qui comptent parmi les plus vulnérables sont ravagés par les changements climatiques, tandis que d’autres continuent d’accroître leurs émissions de gaz à effet de serre. La déforestation, la surpêche et la pollution causent des dommages sans précédent. Les profits à court terme d’un petit nombre passent avant les droits et les intérêts de toutes et tous.

Nous avons perdu de vue notre humanité commune. Nous avons aussi perdu de vue la dépendance réciproque qui nous unit les uns aux autres et celle qui nous unit à la planète qui nous donne la vie. Nous nous sommes détachés des principes qui sont pourtant communs à toutes les grandes religions et traditions.

Il y a quatre ans, tous les pays ont fait front commun et adopté à l’unanimité le Programme de développement durable à l’horizon 2030, notre plan d’action porteur de transformation en faveur des populations, de la planète, de la prospérité, de la paix et des partenariats. Le Programme 2030 s’articule autour de l’inclusion, du pluralisme et des droits de toutes et tous. Il repose sur l’idée qu’une plus grande diversité et que l’inclusion, en particulier des femmes, ont pour corollaire une croissance économique durable et l’amélioration des perspectives de paix et de stabilité. Il préconise une restructuration profonde de nos systèmes économiques, politiques et sociaux de manière à récolter les fruits de l’inclusion, grâce à des communautés et des sociétés plus fortes et résilientes, fondées sur les droits de la personne et la dignité humaine de toutes et tous.

De telles ambitions peuvent se concrétiser, pour autant qu’elles s’accompagnent d’une volonté politique. Aujourd’hui, grâce à l’action multilatérale, l’espérance de vie est plus élevée, l’extrême pauvreté recule, le taux d’alphabétisation n’a jamais été aussi haut et le trou dans la couche d’ozone est en train d’être comblé. Les objectifs du Millénaire pour le développement, précurseurs du Programme 2030, ont permis de sortir plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté, d’avancer dans la lutte contre la faim et de scolariser plus de filles que jamais. Le multilatéralisme semble toutefois être victime de son propre succès. Nous avons commencé à le tenir pour acquis, plutôt que de le voir comme un défi qu’il faut sans cesser relever, un principe qu’il faut sans cesse réaffirmer, une idée qu’il faut sans cesse promouvoir. En l’absence d’appui multilatéral en faveur de solutions inclusives, nous sommes condamnés à évoluer dans une économie qui fera de nous tous des perdants, à voir les inégalités se creuser et à connaître des catastrophes climatiques.

Les solutions qui nous permettront d’atteindre les objectifs ambitieux du Programme 2030 sont axées sur la dignité, le bien-être et les perspectives pour toutes et tous, sans discrimination. Si ces bienfaits ne se mesurent pas à l’aune du produit intérieur brut, ce sont les indices essentiels d’une gouvernance réussie.

Nous avons toutes et tous un rôle à jouer. L’inclusion commence là où naissent les rencontres : dans les entreprises, les écoles, les établissements de soins, les médias et la société civile.

Nous devons changer radicalement notre façon de faire, abandonner la logique du jeu à somme nulle et opter pour des solutions qui sont dans l’intérêt de toutes et tous : vers une sécurité fondée sur des sociétés résilientes, inclusives et égalitaires plutôt que sur les armes et les frontières hautement sécurisées, vers des systèmes économiques qui encouragent le développement durable de notre planète plutôt que les profits tirés de l’exploitation et de la destruction.

Arrêtons de considérer que l’inclusion est un simple plus ou une option subsidiaire : c’est une nécessité politique et économique urgente pour notre survie et celle de notre planète.

Ces propos sont tirés d’une allocution prononcée le 11 juin à Lisbonne, lors de la Conférence sur le pluralisme de 2019. Cette conférence est organisée chaque année par le Centre mondial du pluralisme. Voir l’intégralité de l’allocution d’Amina Mohammed.

 

LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES NATIONS UNIES POUR LE SOUTIEN AUX VICTIMES DE LA TORTURE le 26 juin 2019

Message du Secrétaire général des Nations Unies

L’interdiction de la torture est absolue, en toutes circonstances.

Et pourtant, ce principe de base est foulé au pied chaque jour dans les centres de détention, les prisons, les postes de police, les instituts psychiatriques et autres.

J’estime encourageant que nous nous dirigions vers une ratification universelle de la Convention des Nations Unies contre la torture, qui a été ratifiée par 166 États. Il est essentiel de veiller à ce que les lois et pratiques nationales soient conformes à la Convention, afin que nous puissions effectivement passer à l’interdiction de la torture en théorie comme en pratique.

Les actes de torture se déroulent normalement à huis clos. Il est donc fondamental que les mécanismes internationaux et nationaux indépendants relatifs aux droits de l’homme entrouvrent ces portes. C’est exactement ce que fait le Sous-Comité pour la prévention de la torture des Nations Unies, lorsqu’il se rend chaque année dans plus d’une centaine de prisons et d’instituts et s’entretient avec plus d’un millier de détenus, de responsables et d’agents des forces de l’ordre et du personnel médical, en étroit partenariat avec les mécanismes de prévention nationaux.

Dans tous nos travaux, nous devons soutenir les victimes et veiller au respect de leur droit à la réadaptation et à l’indemnisation. Cette démarche axée sur les victimes guide le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture, qui assiste près de 50 000 victimes chaque année dans quelque 80 pays. Elle nous aide également à mieux comprendre la torture sous ses multiples facettes, y compris le recours à la violence sexuelle et à la violence fondée sur le genre, et l’assistance particulière nécessitée par les divers groupes de victimes.

La torture est une tentative pernicieuse de briser la volonté d’un être humain. En cette Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, j’exhorte tous les États à mettre un terme à l’impunité dont bénéficient les responsables et à éliminer ces actes répréhensibles qui bafouent notre humanité commune.

 

 

Promotion de la visite au Burkina Faso du Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification,

Entretien entre M. Ibrahim Thiaw et son Excellence Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso

Le Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, M. Ibrahim THIAW, s’est rendu au Burkina Faso les 19 et 20 juin 2019. Au cours de cette visite, il a participé au Forum des acteurs internationaux de la société civile dans la lutte contre la désertification et a eu plusieurs réunions officielles, dont celle avec le chef d’État du Burkina Faso.

La promotion de cette visite de M. Thiaw, à travers les médias et sur les plateformes de communication sociale, a été gérée par le centre d’information des Nations Unies de Ouagadougou