Covid-19 : l’OMS réitère l’importance de la recherche des contacts et des malades pour enrayer la pandémie

© UNFPA Liberia/Calixte S. Hess
Au Libéria, l’UNFPA collabore avec l’Organisation mondiale de la santé pour codiriger l’effort de surveillance de la Covid-19 et la coordination de la recherche des contacts.

Les applications de traçage de contact ne peuvent à elles seules suffire à lutter contre la pandémie de Covid-19, a affirmé lundi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), exhortant ainsi les pays à prendre toutes les précautions sanitaires nécessaires, avec un accent particulier sur la recherche des contacts, pour essayer de freiner la propagation du coronavirus.
« Les applications mobiles (de suivi des contacts) peuvent aider à la recherche de contacts, mais rien ne remplace les ressources et une présence sur le terrain », a déclaré le Directeur général de l’OMS, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse virtuelle depuis Genève. Pour le chef de l’OMS, en plus de ces applis de traçage des contacts, il faut aussi « des travailleurs formés pour faire du porte-à-porte » afin de trouver des cas et des contacts, et ainsi « briser les chaînes de transmission ».

Mais dans ce combat contre la maladie, la recherche des contacts n’est pas le seul outil. « Elle doit faire partie d’un ensemble complet. Mais c’est l’un des plus importants », a ajouté le Dr Tedros. L’OMS rappelle d’ailleurs que la recherche des contacts a longtemps été le fondement de la réponse aux épidémies, de la variole à la polio, en passant par le virus Ebola et la Covid-19.
« Comme nous l’avons dit à maintes reprises, les mesures dites de « confinement » peuvent contribuer à réduire la transmission de la Covid-19, mais elles ne peuvent pas l’arrêter complètement », a ajouté le Directeur général, relevant que « la recherche des contacts est essentielle pour trouver et isoler les cas et pour identifier et mettre en quarantaine leurs contacts ». Une façon pour rappeler que même les pays ayant une transmission communautaire, le combat consiste à obtenir « des progrès en démantelant l’épidémie en parties gérables ».
« Nous n’avons pas besoin d’attendre un vaccin. Nous devons sauver des vies maintenant »
Cela est d’autant plus important que les pays commencent à s’ouvrir. « Réagir rapidement aux nouveaux cas et grappes de cas permettra aux pays de poursuivre sur la voie de la reprise économique, tout en maintenant le virus à distance », a assuré le Dr. Tedros. « Il est important de répertorier et cartographier les contacts », a estimé, de son côté, le Dr. Ibrahima Socé Fall, Directeur adjoint de l’OMS en charge de la réponse aux urgences, insistant sur un suivi quotidien des contacts.
A cet égard, l’OMS note que l’une des leçons tirées de la récente épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), qui a été déclarée le mois dernier, est que « la recherche des contacts peut être effectuée même dans les circonstances les plus difficiles ». « Lorsque le virus Ebola a été découvert l’année dernière dans la ville de Butembo, en RDC, les experts se sont demandé s’il serait possible de maîtriser l’épidémie », a fait valoir le Dr. Socé Fall, soulignant qu’à maintes reprises, des traceurs de contacts formés travaillant en étroite collaboration avec les dirigeants et les communautés locales ont suivi le virus, parfois sur des centaines de kilomètres en terrain très difficile.
Si Ebola et le nouveau coronavirus sont des virus différents, le principe demeure le même. « Quelle que soit la gravité de la situation, il y a toujours de l’espoir », a insisté le chef de l’OMS. Mais la pandémie peut être arrêtée « avec un leadership fort, un engagement communautaire et une stratégie globale pour supprimer la transmission et sauver des vies ».
« Nous n’avons pas besoin d’attendre un vaccin. Nous devons sauver des vies maintenant. Ne vous y trompez pas, nous devons continuer à accélérer la recherche sur le vaccin contre la Covid-19, tout en faisant plus avec les outils dont nous disposons », a une nouvelle répété le Dr. Tedros.
Finalement, « l’un des outils clés pour supprimer la transmission de Covid-19 dans les communautés indigènes – et dans toutes les communautés – est la recherche des contacts », a-t-il ajouté.
Les populations autochtones particulièrement menacées par le coronavirus
« Aucun pays ne peut contrôler son épidémie s’il ne sait pas où se trouve le virus », a prévenu le chef de l’OMS qui s’est par ailleurs profondément préoccupé par l’impact du virus sur » les peuples autochtones dans les Amériques, qui restent l’épicentre actuel de la pandémie.
« A la date du 6 juillet, plus de 70.000 cas ont été signalés parmi les peuples indigènes des Amériques, et plus de deux mille décès », a déclaré le Dr. Tedros, ajoutant que récemment, au moins six cas ont été signalés chez le peuple Nahua, qui vit dans l’Amazonie péruvienne. Bien que des personnes de tous horizons soient touchées par la Covid-19, les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables du monde sont particulièrement menacées. « C’est le cas des peuples indigènes du monde entier, dans les zones urbaines ou reculées », a indiqué le Directeur général de l’OMS.
Selon l’agence onusienne, il y a jusqu’à 500 millions de peuples indigènes dans le monde, dans plus de 90 pays. Comme d’autres groupes vulnérables, les peuples indigènes sont confrontés à de nombreux défis. Il s’agit notamment de l’absence de représentation politique, de la marginalisation économique et du manque d’accès aux services de santé, d’éducation et aux services sociaux. « Les peuples indigènes sont souvent confrontés à un lourd fardeau de pauvreté, de chômage, de malnutrition et de maladies tant transmissibles que non transmissibles, ce qui les rend plus vulnérables à la Covid-19 et à ses graves conséquences », a fait remarquer le Dr. Tedros.
Plus de 14 millions de cas d’infection dont 600.000 morts
La Covid-19 a fait au moins 603.691 morts dans le monde depuis l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi lundi par l’OMS. Plus de 14 millions de cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires depuis le début de l’épidémie.
Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 137.674 décès pour 3.544.143 cas recensés. Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont le Brésil avec 77.851 morts pour 2.046.328 cas, le Royaume-Uni avec 45.300 morts (294.792 cas), le Mexique avec 38.310 morts (331.298 cas), l’Italie avec 35.045 morts (244.434 cas) et la France avec 30.152 décès(174.674 cas).