Covid-19 : le plaidoyer pour la coopération internationale de la cheffe de l’ONU à Genève

Photo ONU/Violaine Martin
La Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève, Tatiana Valovaya, au Palais des Nations

Face à la tragédie humaine et à la crise sanitaire internationale que représente le coronavirus, la Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève, Tatiana Valovaya, a appelé mardi à l’unité dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.
Face à la tragédie humaine et à la crise sanitaire internationale que représente le coronavirus, la Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève (ONUG), Tatiana Valovaya, a appelé mardi à l’unité dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.

« Nous avons maintenant tous un ennemi commun et cet ennemi est une pandémie (…). Et l’histoire nous a appris que lorsque l’on a un ennemi commun, il vaut mieux travailler ensemble », a déclaré Mme Valovaya dans un entretien accordé à la Télévision de l’ONU.
La cheffe de l’ONU à Genève estime que dans toute crise, il faut voir le côté positif. « Et ici, le côté positif, c’est que nous devrions tous prendre conscience de notre appartenance à une seule et même espèce humaine, en dépit du fait que nous sommes des Etats membres souverains et différents, des nations différentes », a insisté Mme Valovaya, invitant la communauté internationale à prendre conscience qu’à chaque « défi global », il faudra trouver une solution globale.
D’autant que le nouveau coronavirus se joue des distances et des frontières. « Le virus ne connaît pas de frontières nationales. Donc une réponse nationale n’est pas efficace », a mis en garde la Directrice générale, tout en plaidant pour « des réponses nationales coordonnées qui sont similaires et qui deviennent alors des réponses globales multilatérales à l’échelle planétaire ». Une façon de réitérer l’importance de la doctrine multilatérale si chère à l’ONU, mais aussi de souligner l’importance d’une coordination des mesures nationales, « sans quoi leur efficacité va être très, très faible ».
L’ONU et la Genève internationale se mobilisent
Cette leçon de pragmatisme a été ainsi adaptée à l’échelle humain à Genève. « Il est très important de bien saisir que notre propre intérêt est d’avoir des voisins, des collègues, des amis qui soient en bonne santé, stables, prospères et, en temps de crise. Je pense que c’est plus important que jamais, car personne ne peut rester isoler ou s’isoler pour une longue période dans ce monde », a fait valoir la cheffe de l’ONU à Genève.
A cet égard, Mme Valovaya a donné une dimension locale à la lutte contre le Covid-19. Avant de réfléchir aux frontières, il est important d’adapter chaque situation, a-t-elle dit. C’est le cas dans certains cantons suisses frontaliers d’autres pays européens. Une façon de saluer la « très étroite coopération entre la France et la Suisse ». Une coopération d’autant plus importante qu’une partie importante du personnel de l’ONU vit en France voisine. Dans ces conditions, l’ONU souligne l’intérêt de « travailler ensemble ». « Et cela montre bien que sans coopération, sans réponse multilatérale, nous ne réussirons pas », a-t-elle fait remarquer.
A la question de savoir si la pandémie de Covid-19 peut remettre la diplomatie multilatérale au centre du jeu, la Directrice général de l’ONUG a plaidé pour une meilleure coordination entre les Etats membres. D’autant que sans diplomatie multilatérale, sans réponse globale, il sera difficile de « combattre le coronavirus », car « tout ce qui se passe dans un coin du monde finit tôt ou tard par arriver dans un autre coin du monde ».
Lancement d’un questionnaire en ligne pour le 75e anniversaire
Face à cette pandémie de coronavirus, l’ONU rappelle le devoir pressant d’une « réponse plus multilatérale, car malheureusement, les réponses nationales ne sont plus efficaces dans ce monde global ».
A l’échelle onusienne, Mme Valovaya est persuadée que cette expérience cruciale aidera la Genève internationale à mieux travailler ensemble. En attendant, c’est le branle-bas de combat sur les bords du Lac Léman, avec toutes les institutions essentielles œuvrant à atténuer cette épidémie.
« L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est en l’occurrence notre chef de file et, bien entendu, nous devons la soutenir dans son engagement et, par exemple, nous autres, à l’Office des Nations Unies à Genève, avons d’ores et déjà proposé que certains de nos personnels se portent volontaires pour aider l’OMS, en traduisant des textes, en apportant un soutien en termes de communication, d’engagements, etc.. », a détaillé Mme Valovaya.
Alors que plusieurs pays ont décrété le confinement de leurs populations, la Directrice générale invite tout le monde à profiter de ce moment où les gens passent beaucoup de temps sur l’internet, pour remplir le questionnaire sur le 75ème anniversaire de l’ONU. Une initiative qui permet aux citoyens de participer à cette conversation mondiale voulue par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. « Nous avons besoin de penser, tous ensemble, pour trouver des solutions aux problèmes mondiaux », a fait remarquer Mme Valovaya, tout en soulignant le report d’activités initialement prévues le mois prochain dans le cadre de la semaine d’action et de la journée internationale du multilatéralisme (24 avril).
Comment la gestion des conférences et la communication s’adaptent
Au Palais des Nations de Genève, la Division de la gestion des conférences de l’ONUG s’est également adaptée face aux défis posés par la pandémie de Covid-19. Si les réunions et conférences multilatérales ont été reportées, sa Directrice, Corinne Momal-Vanian a indiqué que dans cette situation exceptionnelle, la machine onusienne continue de tourner afin que les documents des Etats membres soient prêts dans les six langues officielles (anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe). Mais si la situation de confinement devait se prolonger, l’ONU ferait des propositions pour que certaines discussions puissent se tenir en ligne.
La pandémie de Covid-19 appelle à repenser très rapidement le calendrier des réunions de l’ONU à Genève pour qu’une fois la crise passée, elle puisse reprendre le travail multilatéral indispensable entre les pays. Un multilatéralisme, en période de crise, qui doit, au préalable, s’atteler aux défis posés par le multilinguisme. « Les réunions officielles ont droit à l’interprétation. Et pour fournir de l’interprétation sur les plateformes disponibles, c’est assez difficile », a reconnu Mme Momal-Vanian dans un entretien accordé à ONU Info.
L’ONU souligne également le défi d’équité entre ses Etats membres. Tous les pays ne sont pas à même de participer de la même façon à des discussions en ligne, certains étant mieux équipés que d’autres. « On est juste au début de la réflexion et on va essayer de le faire très rapidement », a déclaré la Directrice de gestion des conférences de l’ONUG.
A noter qu’en raison du confinement, le Service de l’information de l’ONU à Genève tient désormais ses points de presse bi-hebdomadaire de façon virtuelle. Grâce aux outils technologiques, toutes les différentes entités de l’ONU à Genève font le point sur la pandémie et la réponse des Nations Unies à distance et en ligne.