Covid-19 : l’ONU mobilisée pour assurer la continuité du transport des marchandises

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Une personne tient dans sa main un échantillon de biocarburant produit à partir d’huile de cuisson usagée. Ce biocarburant est interchangeable avec du carburant diesel ordinaire, mais émet beaucoup moins de carbone et de pollution lorsqu’il est consommé.

Le travail continue, tel est le mot d’ordre de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (UNECE) face à l’épidémie du coronavirus (Covid-19). Dans ce branle-bas de combat, l’agence onusienne se mobilise, prend ses responsabilités sur l’application des textes pour atténuer l’impact de la crise sur l’activité des entreprises de la région paneuropéenne et de l’Amérique du Nord.
En ces temps de confinement et de multiplication de fermeture des frontières, l’UNECE œuvre pour que le transport des marchandises soit maintenu entre ses Etats membres.
« On est en train de voir comment aider les pays à faire face dans plusieurs domaines, notamment le transport, dans les procédures de franchissement de frontières, au vu des fermetures ici et là », a fait valoir le porte-parole de l’UNECE, Jean Rodriguez.

Avec la problématique « de la fermeture de certaines frontières par certains pays », l’urgence pour la Commission économique régionale onusienne est la continuité des transports et des échanges de marchandises entre les différents pays. Un devoir pour cette agence onusienne, « dépositaire » de nombreux accords internationaux sur le transport de marchandises, notamment celui des biens dangereux tels que les produits chimiques, le carburant ou les explosifs.
Mis en place d’une plateforme web pour centraliser les informations
En ces temps de Covid-19, l’UNECE a rappelé à ses Etats membres leurs obligations vis-à-vis de l’Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (ADR). Avec ce dispositif, « qui est crucial pour de nombreux pays », un accord vient ainsi d’être trouvé pour prolonger la validité des permis des chauffeurs.
Dans le cadre de l’ADR, les certificats de formation des chauffeurs et conseillers à la sécurité sont valables cinq ans. Avant l’expiration de leur date de validité, ils doivent suivre une nouvelle formation et repasser un examen. Ces formations et examens ne pouvant être organisées en raison de la pandémie, la validité des certificats arrivant à échéance pendant cette période a en conséquence été prolongée jusqu’au 30 novembre 2020 pour les chauffeurs et conseillers à la sécurité des pays signataires de l’ADR. Cette mesure exceptionnelle ne s’applique qu’aux chauffeurs et conseillers ayant un certificat valable au 1er mars 2020.
Dans cette optique, l’UNECE a mis en place une plateforme web qui permet de centraliser et suivre toutes les informations. L’agence onusienne rappelle que le transport des produits dangereux (carburant, produits chimiques) est important d’autant que certains d’entre eux sont essentiels à « la fabrication de beaucoup de produits ou pour la consommation courante des pays ». La prolongation des permis de ces chauffeurs arrivant à échéance facilitera « une circulation optimale de ces produits».
Outre la question du transport des marchandises, l’UNECE continue son travail sur certains « dossiers prioritaires », notamment le lancement de documents thématiques portant généralement sur le développement durable. L’UNECE a ainsi lancé le 17 mars dernier son premier rapport régional sur les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). Elle a également publié des recommandations sur l’égalité des sexes dans les sociétés vieillissantes, en plus d’aider le Kirghizistan sur le problème des habitats informels.
Visioconférences ou report d’importantes conférences
La plupart des réunions de l’UNECE ont été annulées ou reportées en raison de la pandémie de Covid-19. Sur son site internet, la Commission a annoncé qu’au moins sept réunions ont été annulées entre le 12 mars et fin avril dont celle du Groupe de travail des transports de marchandises dangereuses. Plus d’une quinzaine de réunions ont été reportées comme le Forum mondial sur le méthane. D’autres ont été reprogrammées pour les mois de juin et juillet.
Malgré tous ces reports, l’UNECE s’est aussi adaptée et a réussi à contourner le confinement en organisant certaines réunions en visioconférence. Il s’agit d’un format de réunion par le biais de la vidéo ou via un accès audio quand les connexions ne sont pas suffisamment bonnes. Sous ce schéma, des réunions ont pu se tenir au Luxembourg, à Varsovie (Pologne), à Paris (France) et au siège de l’agence onusienne à Genève. C’est le cas du Forum régional sur le développement durable. Une réunion virtuelle à laquelle a participé la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina M. Mohammed.
L’année dernière, plus de 800 personnes ont participé en personne au Forum à Genève. Cette fois-ci, l’UNECE a dû trouver une alternative. « Evidemment de deux jours, nous avons regroupé le forum sur une demi-journée. Le résumé des travaux sera fourni aux participants pour poursuivre la réflexion », a précisé M. Rodriguez. Selon l’agence onusienne, chacune des visioconférences organisées a réuni plus d’une centaine de participants en ligne, avec une bonne qualité des débats.
A l’image des nombreuses organisations onusiennes et de la Genève internationale, le personnel de l’UNECE est en télétravail, une décision qui fait suite à la décision du pays hôte, la Suisse, de prendre différentes mesures pour éviter la propagation du coronavirus. Depuis la semaine dernière, l’UNECE, comme toutes les entités des Nations Unies, s’est adaptée à cette situation. Les organisations de la Genève internationale ont dû agir avec pragmatisme et responsabilité pour protéger leurs salariés et la population.
Selon le porte-parole de l’UNECE, certains collègues plus à risque avaient déjà adopté le télétravail une dizaine de jours avant la fermeture du Palais des Nations, siège de l’ONU à Genève.
A noter que l’objectif majeur de l’UNECE est de promouvoir l’intégration économique paneuropéenne. Pour ce faire, elle rassemble 56 pays de l’Union européenne (UE), d’Europe de l’Ouest et de l’Est hors UE, d’Europe du Sud-Est, de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et de l’Amérique du Nord.