Covid-19 : face à une crise sans précédent, le chef de l’ONU appelle à affronter ensemble un ennemi commun

Alors que la pandémie de nouveau coronavirus continue de se répandre dangereusement dans le monde entier, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé jeudi à la solidarité et à « affronter ensemble un ennemi commun ».

« Il s’agit avant tout d’une crise humaine qui nécessite de la solidarité », a déclaré M. Guterres dans un message.

Selon lui, « les réponses actuelles au niveau national ne répondront pas l’ampleur et à la complexité mondiales de la crise » et c’est pourquoi il faut « une action politique coordonnée, décisive et innovante de la part des principales économies du monde », alors qu’une « récession mondiale – peut-être de dimensions record – est une quasi-certitude ».

 

Le Secrétaire général a estimé que les pays les plus pauvres et les personnes plus vulnérables – en particulier les femmes – seront les plus durement touchés.

Il a salué la décision des dirigeants du G20 de convoquer un sommet d’urgence la semaine prochaine pour répondre aux défis énormes posés par la pandémie de Covid-19. Il doit lui-même y participer.

« Mon message central est clair : nous sommes dans une situation sans précédent et les règles normales ne s’appliquent plus. Nous ne pouvons pas recourir aux outils habituels en des temps aussi inhabituels. La créativité de la réponse doit correspondre à la nature unique de la crise – et l’amplitude de la réponse doit correspondre à son ampleur. Notre monde fait face à un ennemi commun. Nous sommes en guerre avec un virus », a déclaré M. Guterres.

Dans ce contexte, il a appelé les dirigeants du monde à proposer une réponse urgente et coordonnée à cette crise mondiale.

 

Trois domaines d’action

Selon le Secrétaire général de l’ONU, il y a trois domaines d’action critiques.

D’abord, il faut s’attaquer à l’urgence sanitaire, alors que de nombreux pays ont dépassé la capacité de prendre en charge des cas, même légers, dans des établissements de santé spécialisés, et que beaucoup ne sont pas en mesure de répondre aux énormes besoins des personnes âgées.

« Même dans les pays les plus riches, nous voyons les systèmes de santé fléchir sous la pression », a-t-il noté.

Face à cette situation dramatique, il estime que les dépenses de santé doivent être augmentées immédiatement pour répondre aux besoins urgents et à l’augmentation de la demande.

Le deuxième domaine d’action concerne la réponse à la crise économique et sociale.

« Contrairement à la crise financière de 2008, l’injection de capitaux dans le seul secteur financier n’est pas la réponse. Ce n’est pas une crise bancaire », a souligné le Secrétaire général. « Et ce n’est pas un choc ordinaire de l’offre et de la demande; c’est un choc pour la société dans son ensemble ».

Selon lui, la liquidité du système financier doit être garantie et les banques doivent utiliser leur résilience pour accompagner leurs clients.

« N’oublions pas qu’il s’agit essentiellement d’une crise humaine. Plus fondamentalement, nous devons nous concentrer sur les personnes – les travailleurs les plus vulnérables et à bas salaires, les petites et moyennes entreprises », a-t-il dit.

Selon lui, cela signifie un soutien en matière de salaires, d’assurance, de protection sociale, et une prévention des faillites et des pertes d’emplois. Cela signifie également concevoir des réponses fiscales et monétaires pour garantir que le fardeau ne pèse pas sur ceux qui en ont le moins les moyens.

« La reprise ne doit pas se faire sur le dos des plus pauvres – et nous ne pouvons pas créer une légion de nouveaux pauvres », a-t-il déclaré.

Enfin, le troisième domaine d’action est la nécessité de poursuivre la mise en oeuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

« La crise financière de 2008 a clairement montré que les pays dotés de solides systèmes de protection sociale ont le moins souffert et se sont remis le plus rapidement de son impact », a noté le Secrétaire général.
« Nous devons veiller à ce que des enseignements soient tirés et à ce que cette crise constitue un tournant décisif pour la préparation aux urgences sanitaires et pour l’investissement dans les services publics essentiels du 21e siècle », a-t-il dit.

« Nous avons un cadre d’action – le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur le changement climatique. Nous devons tenir nos promesses pour les gens et la planète », a-t-il conclu.