Mali : le Conseil de sécurité de plus en plus inquiet de la dégradation de la sécurité dans le centre du pays

Photo MINUSMA/Gemma Cortes
Des Casques bleus de l’ONU dans la région de Mopti, au centre du Mali, en juillet 2019.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est déclaré de plus en plus inquiet de la dégradation de la situation sécuritaire dans le centre du Mali et a salué les mesures prises par la Mission de l’ONU dans ce pays, la MINUSMA, pour faire face à cette situation.
Dans une déclaration à la presse publiée mercredi au lendemain d’un exposé du chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, les membres du Conseil ont noté que le gouvernement malien et les groupes armés signataires de l’accord de paix ont progressé dans la mise en œuvre de cet accord.
Ils ont en particulier souligné l’intégration de plus de 1.000 membres des groupes armés signataires dans les forces de défense et de sécurité maliennes et des progrès vers le développement socio-économique du nord du Mali.

Le Conseil de sécurité s’est également félicité du lancement du dialogue national inclusif, « qui constitue un pas en avant vers l’achèvement de la réforme constitutionnelle », et a encouragé toutes les parties prenantes à mener le dialogue avec un large consensus.
Le Conseil a noté que, malgré ces progrès, il restait encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre l’accord de paix et a encouragé les parties prenantes à accélérer leurs efforts.
Surtout, les membres du Conseil se sont dit « de plus en plus préoccupés par la détérioration de la sécurité dans le centre du Mali ». Ils ont salué les mesures prises par la MINUSMA pour remédier à la situation, tout en reconnaissant que la responsabilité à cet égard incombait en premier lieu aux autorités maliennes. Ils ont également salué les efforts déployés par les autorités maliennes pour rétablir l’autorité de l’État dans les régions du centre du pays.
Le Conseil de sécurité a condamné avec la plus grande fermeté les attaques terroristes perpétrées le 6 octobre contre deux patrouilles de la MINUSMA à Aguelhok et à Bandiagara, dans les régions de Kidal et Mopti, qui ont causé la mort d’un soldat de la paix et en ont blessé plusieurs autres. Il a aussi condamné les attaques du 30 septembre et du 1er octobre contre deux camps de l’armée malienne dans la région de Mopti.
Les membres du Conseil ont exprimé leurs plus sincères condoléances et sa plus profonde sympathie aux familles des victimes, ainsi qu’au Tchad, au Mali et à la MINUSMA. Ils ont souhaité un prompt et complet rétablissement aux personnes blessées dans ces attaques.
Le Conseil a appelé le gouvernement malien à enquêter rapidement sur ces attaques et à traduire les responsables en justice. Il a souligné que les attaques visant les soldats de la paix pourraient constituer des crimes de guerre au regard du droit international.