Le secteur privé va encourager l’innovation pour en finir avec le VIH, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial)

Photo Fonds mondial/John Rae
Une machine permettant à des employés de la prison de Pollsmoor, en Afrique du Sud, de vérifier si les prisonniers sont atteints de tuberculose.

À l’ouverture de sa sixième Conférence de reconstitution des ressources à Lyon, en France, le Fonds mondial contre le VIH, la tuberculose et le paludisme a annoncé qu’une série de partenaires du secteur privé allaient encourager l’innovation pour en finir plus rapidement avec ces trois maladies infectieuses les plus meurtrières de la planète.
Neuf organisations du secteur privé ont pris de nouveaux engagements pour aider à répondre à des enjeux critiques grâce à des technologies mobiles et numériques innovantes, à des produits de consommations et à des services financiers en apportant des compétences techniques et un savoir-faire essentiels.

« Si nous voulons en finir avec les épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme, le Fonds mondial doit adopter des démarches tournées vers l’avenir et innovantes », a expliqué le Directeur exécutif du Fonds mondial, Peter Sands. « Ces engagements témoignent des compétences du secteur privé lorsqu’il s’agit d’aider à lever les obstacles qui entravent l’accès aux services de santé et d’accélérer le mouvement ».
La conférence de Lyon a permis de montrer comment les engagements du secteur privé soutiennent la conception de nouveaux produits, notamment de meilleures formulations pédiatriques pour traiter le VIH, la tuberculose et le paludisme, des diagnostics plus simples et moins onéreux, ainsi que des traitements ayant une action à longue échéance. Ils contribuent également à réduire les délais pour que les produits arrivent jusqu’aux patients.
« Le secteur privé est en mesure de changer la donne lorsqu’il s’agit d’en finir avec les maladies infectieuses les plus mortelles à l’échelle mondiale », a indiqué le PDG de Goodbye Malaria et membre du conseil d’administration du Fonds mondial représentant le secteur privé, Sherwin Charles. « Nous avons besoin d’investissements constants dans les nouvelles technologies, d’innovations en matière de santé et d’une efficacité renforcée. Tous ces éléments permettront de disposer plus rapidement d’outils plus récents et plus efficaces ».
Des solutions novatrices qui améliorent l’accès aux soins
Ces nouveaux partenariats sont mis en place pour donner des solutions novatrices qui améliorent l’accès aux médicaments, aux produits et aux services de santé, en particulier pour les personnes vivant dans des régions difficiles d’accès et pour celles qui en ont le plus besoin.
La Fondation Thomson Reuters a annoncé son soutien à l’initiative « Lever les obstacles », en offrant gratuitement des recherches, une assistance et des conseils juridiques, ainsi qu’un renforcement des capacités et une formation à des organismes à but non lucratif, à des groupements de la société civile, à des professionnels de la santé et à des journalistes dans certains pays clés soutenus par le Fonds mondial.
Société Générale, une banque internationale de premier plan bien implantée en Afrique, s’est engagée à mettre son expérience et ses ressources à profit pour renforcer les compétences financières et les capacités d’entreprise des femmes en Afrique de l’Ouest et Centrale dans le but de promouvoir leur autonomisation et leur participation aux programmes de santé.
Le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) a annoncé le lancement d’une initiative à l’appui d’une meilleure santé en Afrique, le « Programme Santé Entreprise Afrique ». Ce programme à grande échelle tirera parti des 180 entreprises françaises qui composent le vaste réseau du CIAN pour étendre l’accès à la prévention du VIH, de la tuberculose du paludisme et aux services de santé sur les lieux de travail et dans les communautés avoisinantes.
MedAccess a annoncé une augmentation de 100 millions de dollars de son propre capital dans le but d’accélérer la mise sur le marché des nouveaux produits.
Les nouvelles technologies au service de la santé
Profitant des compétences des entreprises du secteur des technologies, le Fonds mondial collaborera avec Mastercard, Orange, la Fondation Rockefeller, de même que Google Cloud et Microsoft pour chercher à identifier les personnes atteintes de tuberculose en Inde.
Le Fonds mondial s’appuiera sur les compétences de Mastercard en matière de déploiement de technologies à l’appui de la numérisation des dossiers des patients en Afrique, l’objectif à terme étant d’aider les personnes à accéder plus facilement aux services de santé.
Orange, l’un des principaux opérateurs de télécommunications dans le monde, mettra à disposition sa technologie mobile pour améliorer la collecte de données et l’accès aux services de lutte contre le VIH et la tuberculose, ainsi que pour renforcer les systèmes de santé, grâce à un investissement conjoint de 5 millions de dollars destiné à mettre en œuvre des programmes au Maroc, en Côte d’Ivoire et en République démocratique du Congo.
Le Fonds mondial s’associe également à la Fondation Rockefeller pour mettre en place un Fonds catalytique pour la science des données destiné accélérer le recours à cette matière scientifique pour améliorer la santé des communautés dans les pays à faible revenu. La Fondation Rockefeller envisage d’investir jusqu’à 15 millions de dollars pour la capitalisation du fonds.
Le Fonds mondial s’appuiera sur les compétences en analyse et en visualisation de données de Google Cloud pour aider à identifier les personnes ayant la tuberculose en Inde et voir en quoi l’intelligence artificielle peut contribuer à un diagnostic plus rapide et plus précis de la maladie.
Microsoft emploiera l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique pour améliorer la recherche de cas de tuberculose évolutive et améliorer l’observance du traitement en se concentrant sur l’Inde dans un premier temps.
Les promesses rendues publiques aujourd’hui font suite à celles que des partenaires du secteur privé ont faites plus tôt cette année et à l’occasion du Forum économique mondial en Afrique. Il s’agissait notamment des promesses du projet Last Mile (avec Coca Cola, USAID et la Fondation Bill et Melinda Gates), de GBCHealth, d’Africa Health Business, de PharmAccess et de Zenysis Technologies.
Le Fonds mondial insiste sur le fait qu’il faut davantage innover dans les diagnostics, la prévention, le traitement et les modèles de prestation de services pour reprendre la voie qui nous conduira à la fin des épidémies. Seule l’innovation permettra de contrer la menace de la résistance aux médicaments et aux insecticides, d’atteindre les plus démunis et les plus marginalisés ou de s’attaquer aux causes fondamentales des épidémies concentrées.
La sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial se tient mercredi et jeudi à Lyon. Le Fonds mondial cherche à recueillir au moins 14 milliards de dollars – dont un milliard de dollars provenant du secteur privé – pour le prochain cycle de trois ans. Cette somme contribuera à sauver 16 millions de vies, à réduire de moitié les taux de mortalité imputables au VIH, à la tuberculose et au paludisme, et à construire des systèmes de santé plus solides d’ici 2023.