17 septembre 2019 : Ouverture de la 74ème session d l’Assemblée générale des Nations Unies

Photo ONU/Kim Haughton
Tijjani Muhammad-Bande (sur les écrans et au centre), Président de la 74ème session de l’Assemblée générale, ouvre la première séance plénière le 17 septembre 2019.

Prévention des conflits, partenariats, éducation, action climatique et intégration : les cinq priorités du nouveau Président de l’Assemblée générale
Le Président élu de l’Assemblée générale a, par le coup de marteau traditionnel, ouvert le 17 septembre 2019, la soixante-quatorzième session de l’Assemblée générale des Nations Unies dont les travaux de fond commenceront comme d’habitude avec le débat général des chefs d’État et de gouvernement prévu, cette année, le 24 septembre.

Représentant permanent du Nigéria auprès des Nations Unies depuis le 3 mai 2017, M. Tijjani Muhammad-Bande, qui a été élu le 4 juin dernier, a énoncé cinq priorités articulées autour des objectifs de développement durable et a appelé les États à travailler avec tous et à produire des résultats pour tous. L’Assemblée générale est en effet un forum « unique et indispensable » où le monde peut se réunir pour aller de l’avant sur des questions sensibles et importantes, a acquiescé le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, qui a prôné « un multilatéralisme de réseau » et « un multilatéralisme inclusif » pour relever les défis de notre temps.
Notre vision, a souligné le Président élu, s’articule autour de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, en particulier l’élimination de la pauvreté et de la faim, l’accès à une éducation de qualité, l’action climatique et l’intégration. Dans ce contexte, il a énuméré ses priorités et d’abord la promotion de la paix et de la sécurité, en particulier la prévention des conflits. Le Président a promis de promouvoir les systèmes d’alerte rapide, la médiation, la négociation et le règlement pacifique des conflits en cours et de renforcer la coopération contre les facteurs de déstabilisation que sont la pauvreté, l’exclusion et l’analphabétisme.
La deuxième priorité, a-t-il poursuivi, c’est le renforcement des partenariats pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable, dont l’amélioration des systèmes de protection sociale, le partage des connaissances sur les systèmes durables de production agricole et l’expansion de l’entreprenariat. Ma troisième priorité, a-t-il dit, c’est l’accès à une éducation de qualité, sachant que dans certains pays, l’urgence est de construire des écoles et dans d’autres, d’assurer la sécurité des écoliers.
Les changements climatiques, a-t-il ajouté, sont une question de développement et les dernières catastrophes aux Bahamas, au Mozambique ou au Sahel nous rappellent l’urgence de s’attaquer aux changements climatiques. Accentuer l’intégration, a-t-il encore dit, c’est garantir les droits des jeunes, des femmes et des personnes handicapées et promouvoir leur émancipation.
Dans quelques jours, a rappelé le Président élu, les dirigeants du monde vont se rassembler ici dans la salle de l’Assemblée générale. N’oublions jamais, a-t-il prévenu, que le monde regarde les Nations Unies comme un véritable véhicule de la paix et de la sécurité, du développement durable et des droits de l’homme. En tant qu’organe le plus représentatif, l’Assemblée doit redoubler d’efforts pour combler les fossés et agir pour l’intérêt commun des peuples que nous servons. Cela est d’autant plus important que l’année prochaine, nous fêterons les 75 ans de l’ONU, a rappelé le Président.
Nous devons avoir confiance les uns dans les autres, renforcer les partenariats et faire preuve d’empathie. C’est le seul moyen de relever les nombreux défis auxquels nous sommes confrontés. Nous devrons travailler avec tous et produire des résultats pour tous, a conclu le Président qui succède à Mme María Fernanda Espinosa Garces, de l’Équateur, quatrième femme à avoir occupé ce poste depuis la création de l’ONU en 1945.
Le Secrétaire général de l’ONU, qui avait qualifié hier la Présidente sortante de « championne du multilatéralisme », a rappelé aujourd’hui à quel point cette session sera particulièrement chargée comme en atteste les cinq sommets prévus sur l’action climatique, les objectifs de développement durable, le financement du développement, la couverture sanitaire universelle et les petits États insulaires en développement.
Tous ces domaines, a martelé M. António Guterres, exigent un engagement de toutes les parties prenantes. Notre monde change rapidement et nos défis sont mondiaux et de plus en plus interconnectés, a-t-il poursuivi. Alors que nous abordons une décennie d’action pour le développement durable et que nous demandons une action plus ambitieuse et plus urgente en faveur du climat, il va falloir convaincre le monde que les Nations Unies sont pertinentes et que le multilatéralisme offre des solutions réelles aux défis mondiaux.
Les attentes vis-à-vis de notre Organisation, et en particulier de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, sont profondes, a prévenu le Secrétaire général, exprimant ses préoccupations face au manque de confiance entre nations. Pour y remédier, il a voulu que l’on mise sur la transparence, le dialogue et une meilleure compréhension. L’Assemblée générale, a-t-il estimé, est un forum « unique et indispensable » où le monde peut se réunir pour aller de l’avant sur des questions sensibles et importantes.
Des institutions et une architecture multilatérales efficaces sont essentielles, tout comme le sont des relations internationales fondées sur le droit international. Dans le même temps, il faut développer de nouvelles formes de coopération avec d’autres organisations internationales et régionales, soit « un multilatéralisme de réseau », ainsi que des liens plus étroits avec le monde des affaires et d’autres parties prenantes, soit « un multilatéralisme inclusif ». Ces deux formes de multilatéralisme permettront de relever les défis de notre temps.
En fin de séance, l’Assemblée générale a nommé les neuf membres suivants de sa Commission de vérification des pouvoirs: Barbade, Botswana, Chine, États-Unis, Fédération de Russie, Maurice, Népal, Saint-Marin et Uruguay. Elle a également noté que les Comores, Sao Tomé-et-Principe et la Somalie sont actuellement en retard dans le paiement de leurs contributions au sens de l’Article 19 de la Charte des Nations Unies -droit de vote-*. Elle a enfin autorisé certains de ses organes subsidiaires à se réunir au cours de cette première partie de session.**
Notons que Les 193 États Membres de l’ONU sont représentés à l’Assemblée générale – l’un des six organes principaux des Nations Unies – pour y discuter de nombreuses questions internationales et coopérer dans des domaines couverts par la Charte des Nations Unies, comme le développement, la paix et la sécurité, le droit international, etc..