L’Assemblée générale des Nations Unies ouvre sa 74e session sur un appel à restaurer la confiance

Photo ONU/Kim Haughton
Tijjani Muhammad-Bande (sur les écrans et au centre), Président de la 74ème session de l’Assemblée générale, ouvre la première séance plénière le 17 septembre 2019.

Le Nigérian Tijjani Muhammad-Bande a officiellement donné le coup d’envoi mardi de la 74e session de l’Assemblée générale des Nations Unies qu’il présidera pendant un an.
Trente ans après son compatriote Joseph Nanven Garba, M. Muhammad-Bande est le deuxième Nigérian à présider l’Assemblée générale. Celui qui fut Représentant permanent du Nigéria aux Nations Unies depuis 2018 est aussi le 13ème Africain à présider l’organe onusien où sont représentés tous les Etats membres de l’Organisation.

Le nouveau Président de l’Assemblée générale a annoncé que la lutte contre la pauvreté et le changement climatique, l’éducation et l’inclusion seront les priorités de son mandat, tout en gardant en tête la préservation de la paix et de la sécurité dans le monde. « Je collaborerai avec le Conseil de sécurité et le Secrétariat pour assurer une plus grande attention à la prévention plutôt qu’à la réaction à un ou plusieurs conflits de grande ampleur », a-t-il déclaré.
M. Muhammad-Bande, qui fut universitaire par le passé, a souligné l’importance d’une éducation de qualité et le fait que les États membres doivent s’associer pour améliorer la formation des enseignants et l’accès à un enseignement primaire et secondaire gratuit.
Le changement climatique reste une question clé du développement, a également déclaré le Président de l’Assemblée générale, soulignant que le monde doit s’attaquer à ses causes et à ses répercussions. « Les récentes situations d’urgence aux Bahamas, au Mozambique et dans la région du Sahel, entre autres, nous rappellent l’urgence de renforcer l’action mondiale pour lutter contre le changement climatique », a-t-il dit.
En tant qu’organe délibérant le plus représentatif des Nations Unies, l’Assemblée générale doit redoubler d’efforts pour combler les fossés et agir pour le bien commun des peuples qu’elle sert, estime M. Muhammad-Bande. « Nous devons instaurer un climat de confiance, approfondir les partenariats et faire preuve d’empathie. C’est le seul moyen de résoudre les nombreux défis auxquels nous sommes confrontés. Nous devrons travailler ensemble pour pouvoir offrir des résultats pour tous », a-t-il dit.
Guterres : construire un multilatéralisme de réseau et inclusif
La paix et la sécurité, l’éradication de la pauvreté, la faim zéro, une éducation de qualité, l’action pour le climat et l’inclusion sont tous des éléments centraux du programme de développement durable, a pour sa part rappelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors de l’ouverture de cette 74ème session,
M. Guterres a rappelé que le programme de cette 74ème session s’annonce chargée, à commencer par cinq sommets sur l’action pour le climat, les objectifs de développement durable, le financement du développement, les soins de santé universels et les petits États insulaires en développement. « Dans tous ces domaines, un engagement multipartite sera essentiel », a-t-il souligné, insistant sur le fait que le monde d’aujourd’hui évolue rapidement et que les défis sont globaux et de plus en plus liés.
« Alors que nous entamons une décennie d’action sur les Objectifs de développement durable et que nous demandons plus d’urgence et d’ambition face au changement climatique, avec 2020 étant une année cruciale, nous devons convaincre la population que l’ONU est pertinente pour tous et que le multilatéralisme offre de vraies solutions aux défis mondiaux », a déclaré le Secrétaire général.
M. Guterres s’est fait l’écho des propos de M. Muhammad-Bande en ce qui concerne les « attentes profondes » des peuples vis-à-vis de l’ONU – en particulier l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, se disant particulièrement préoccupé par le déficit de confiance entre les nations. « La transparence, le dialogue et une plus grande compréhension sont essentiels pour atténuer la méfiance », a-t-il dit.
Pour le chef de l’ONU, l’Assemblée générale reste le « forum unique et indispensable où le monde peut se réunir pour avancer sur des questions sensibles et importantes ».
« Il est essentiel que le monde dispose d’institutions et d’une architecture multilatérales fortes et efficaces et que les relations internationales reposent sur le droit international », a-t-il dit, tout en soulignant que le monde a besoin de nouvelles formes de coopération : « avec d’autres organisations internationales et régionales – un multilatéralisme en réseau – ainsi que des liens plus étroits avec les entreprises, la société civile et d’autres parties prenantes – un multilatéralisme inclusif », seule manière, selon lui, de surmonter les défis de notre époque.