En Nouvelle-Zélande, Guterres souligne l’urgence de la lutte contre la haine et le changement climatique

Photo : ONU/Mark Garten
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’une conférence de presse avec la Première Ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, à Auckland.

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a entamé dimanche une tournée dans le Pacifique Sud avec une visite en Nouvelle-Zélande. Une visite dominée par l’impératif de la lutte contre la haine après les attentats de Christchurch et contre le changement climatique qui menace directement les Etats insulaires de la région.
C’est une visite de solidarité et de gratitude que le chef de l’ONU a entrepris dimanche en Nouvelle-Zélande. « La solidarité d’abord avec les victimes de Christchurch, avec leurs familles, avec la communauté, avec la ville, mais aussi avec le peuple et le gouvernement de la Nouvelle-Zélande », a déclaré M. Guterres lors d’une conférence de presse à Auckland aux côtés de la Première Ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern.

Depuis l’époque où il était Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, M. Guterres effectue chaque année une visite de solidarité pendant le ramadan, normalement dans un pays musulman. « Cette fois-ci, j’ai décidé de faire ma visite de solidarité du ramadan dans la communauté de Christchurch pour rendre hommage à leur courage, à leur résilience, mais également pour rendre hommage à l’unité extraordinaire et au message de solidarité qu’ont adressé le peuple et le gouvernement de la Nouvelle-Zélande », a-t-il dit.
Le Secrétaire général a loué le leadership de Mme Ardern après les attentats meurtriers qui ont frappé le 15 mars deux mosquées de Christchurch, la deuxième ville du pays. 51 personnes ont été tuées dans ces attaques qui ont visé des personnes de confession musulmane.
M. Guterres a salué les « messages très forts » qu’a lancé la Première ministre néo-zélandaise à son peuple et au reste du monde après ces attentats. Le 15 mai, Mme Ardern sera à Paris afin de lancer avec d’autres dirigeants l’« appel de Christchurch » pour enrayer la propagation de contenus terroristes sur les réseaux sociaux.
« Votre appel à agir pour empêcher les aspects négatifs des médias sociaux et d’Internet en lien avec le discours de haine est bien sûr une chose très importante pour nous », a dit le chef de l’ONU, qui a également salué les mesures prises par la cheffe de gouvernement néo-zélandaise en matière de contrôle des armes à feu.
A Auckland, M. Guterres a mis en avant les deux initiatives qu’il a lancé pour mobiliser le système des Nations Unies contre les discours de haine et pour aider les pays à protéger les lieux de culte.
Les Etats insulaires du Pacifique en première ligne face au changement climatique
La visite en Nouvelle-Zélande est également l’occasion pour le chef de l’ONU de souligner l’urgence d’une action en faveur du climat.
« Le changement climatique progresse plus rapidement que nous. Les quatre dernières années ont été les plus chaudes enregistrées », a rappelé M. Guterres. « Nous constatons des niveaux record à la fois dans la hausse des températures à travers le monde, en relation avec la montée des océans et dans les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère », a-t-il alerté.
Pour le Secrétaire général, « la situation empire, voire pire que prévu », citant les tempêtes dévastatrices, la plus récente au Mozambique, de plus en plus fréquentes et aux conséquences humanitaires dramatiques. La sécheresse qui progresse terriblement, notamment en Afrique, devient également un facteur dramatique qui pousse aux déplacements des personnes, à la détérioration de la sécurité et à l’avancée du terrorisme, a-t-il rappelé. « Et nous assistons partout à une démonstration claire que nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs définis dans l’Accord de Paris », a-t-il dit.
« Nous sommes confrontés à un paradoxe, (…) alors que la situation empire sur le terrain, la volonté politique semble s’estomper », a déploré le chef de l’ONU. Le Secrétaire général a remercié la Nouvelle-Zélande pour le leadership dont elle fait preuve dans l’action pour le climat pour son engagement envers l’Accord de Paris. Wellington a adopté une loi visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré d’ici la fin du siècle ce qui signifie atteindre la neutralité carbone avant 2050.
M. Guterres a également remercié la Nouvelle-Zélande pour le soutien qu’elle apporte aux États

insulaires du Pacifique. « Ils sont vraiment au cœur des conséquences dramatiques du changement climatique », a dit le Secrétaire général qui se rendra cette semaine aux Fidji, à Tuvalu et au Vanuatu.
Depuis le Pacifique Sud, en première ligne face à la menace du changement climatique, le chef de l’ONU appellera la région et le reste du monde à rattraper le retard pris pour arrêter cette tendance dramatique. « Nous ne pouvons pas permettre un changement climatique effréné. Nous devons protéger la vie de tous les peuples et protéger notre planète ».