L’ONU déplore le retrait américain du Conseil des droits de l’homme

Photo ONU/Elma Okic
Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.

Plusieurs hauts responsables des Nations Unies se sont joints au Secrétaire général de l’ONU pour déplorer la décision des Etats-Unis de se retirer du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, soulignant l’importance de cet organe pour promouvoir et protéger les droits humains.
Mardi soir, le chef de l’ONU, António Guterres, a déclaré qu’il aurait préféré que les Etats-Unis restent au Conseil des droits de l’homme.
Selon la presse, le gouvernement américain, en annonçant mardi sa décision de se retirer du Conseil des droits de l’homme, a accusé cet organe d’hypocrisie et a critiqué son parti pris politique anti-Israël.

Le Conseil des droits de l’homme est un organe intergouvernemental composé de 47 États. Il a été créé par l’Assemblée générale des Nations Unies, le 15 mars 2006, avec le but principal d’examiner des situations de violations de droits de l’homme et d’émettre des recommandations à leur sujet.
Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a également regretté la décision des États-Unis.
« Le Président de l’Assemblée générale reconnaît le rôle central des droits de l’homme dans la fondation des États-Unis, ainsi que le rôle de défense des droits de l’homme que les États-Unis ont traditionnellement joué à travers le monde », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse publiée mardi soir.
« Compte tenu des défis mondiaux actuels, il croit que notre travail collectif pour assurer un monde meilleur bénéficiera de plus de dialogue et de collaboration – pas moins. À cet égard, il encourage les États-Unis à rester engagés dans les travaux du Conseil des droits de l’homme », a-t-il ajouté.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, s’est dit pour sa part « déçu » mais pas vraiment surpris par l’annonce américaine. « Compte tenu de l’état des droits de l’homme dans le monde d’aujourd’hui, les Etats-Unis devraient intensifier leur action, pas se retirer », a dit M. Zeid dans un message sur son compte Twitter.
Le Président du Conseil des droits de l’homme, Vojislav Šuc, a également déploré le retrait des États-Unis de l’organe onusien basé à Genève.
Même s’il reconnait « à tous les États membres, des prérogatives pour prendre une telle décision », M. Šuc a rappelé qu’à « une époque où les valeurs et la force du multilatéralisme et des droits de l’homme sont remises en question de façon quotidienne, il est essentiel de maintenir au XXIe siècle un Conseil des droits de l’homme fort, en reconnaissant son rôle central au sein des Nations unies ».
Selon lui, le Conseil reste ce système d’alerte précoce qui tire une sonnette d’alarme avant que les crises imminentes ne se produisent. « Il ne faut pas perdre de vue que le Conseil est le seul organe intergouvernemental qui réponde aux questions liées aux droits de l’homme avec la participation active de la société civile. Il y a très peu d’autres endroits au sein desquels peuvent être discutés les questions relatives aux droits de l’homme », a insisté M. Šuc.
Après la décision prise par Washington, le Président du Conseil des droits de l’homme a indiqué que des mesures seront prises prochainement concernant le siège laissé vacant par les États-Unis, en conformité avec la pratique des Nations Unies dans ce domaine. Un nouveau membre devrait être élu dans les plus brefs délais, a-t-il dit.