RCA : la MINUSCA appelle la population de Bangui au calme après des violences

Photo ONU/Hervé Serefio
Des Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) patrouillent dans la ville de Bangui en 2017.

La Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) a appelé mardi la population de Bangui au calme après que des violences ont éclaté dans la capitale centrafricaine.
Des échanges de tirs intenses ont été enregistrés en fin de matinée à Fatima, dans le 3e arrondissement de la capitale, entre les forces de sécurité intérieure et des éléments armés du groupe criminel dénommé ‘Force’. Ces éléments armés « auraient ouvert le feu après l’arrestation d’un des leurs par les forces de sécurité intérieure », a précisé la MINUSCA dans une déclaration à la presse.

La Mission a immédiatement déployé des patrouilles renforcées afin de sécuriser des points névralgiques de Bangui, en étroite collaboration avec les forces de sécurité intérieure.
« La MINUSCA condamne les attaques de ce jour contre les populations civiles ainsi que sur les bâtiments religieux et de culte, soulignant que cela va à l’encontre des lois nationales et internationales. La Mission regrette en particulier les pertes en vie de civils innocents dans certains quartiers de Bangui et appelle la population de la capitale et du pays en général, à éviter toute escalade sur des bases confessionnelles », a déclaré la Mission.
Elle a rappelé que « nul en dehors de l’Etat ne jouit d’aucune légitimité pour faire justice et que tout acte contraire, comme celui de ce matin dans le 3e arrondissement est illégal et que les commanditaires ainsi que les auteurs de tels actes en seront tenus responsables ».
La MINUSCA a dénoncé également les actes hostiles perpétrés par des individus dans certaines parties de la capitale centrafricaine, « ciblant injustement le personnel et les véhicules des Nations Unies ». Elle a rappelé que quiconque s’en prend aux biens et propriétés des Nations Unies est passible de poursuites judiciaires.
Une attaque contre les efforts pour ramener la paix et la sécurité
Les membres du G5 (les Nations Unies, l’Union africaine, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, l’Union européenne, la France et les Etats-Unis) ont également condamné sans réserve, dans une déclaration conjointe, les violences qui ont secoué aujourd’hui la ville de Bangui et les attaques contre l’église de Fatima et la mosquée de Lakounga.
« Nous déplorons la mort des victimes et souhaitons un prompt rétablissement à ceux qui ont été blessés dans les actes criminels de ce jour. Nous offrons nos plus sincères condoléances à leurs familles et à tous ceux qui ont été victimes des troubles qui ont suivi l’incident », ont-ils dit.
« Ces actes criminels constituent une attaque aux efforts en cours sous le leadership du gouvernement centrafricain pour ramener la paix et la sécurité et promouvoir la stabilisation et le développement de la RCA », ont-ils ajouté. « La manipulation de la religion pour servir les intérêts de groupes criminels est inacceptable. Nous invitons tous les Centrafricains à faire preuve de modération et résilience et à résister aux manipulations qui veulent faire retomber le pays dans le piège de la violence et de la vengeance – ce que les criminels qui ont perpétré cet acte espèrent provoquer. Cela doit cesser ».
Les membres du G5 ont réaffirmé leur plein soutien au gouvernement centrafricain et à la MINUSCA dans les efforts qu’ils mènent sans relâche pour rétablir la sécurité et l’autorité de l’Etat, promouvoir le respect de la loi et amener les responsables d’actes criminels devant la justice.