En Suède, le chef de l’ONU plaide pour un renforcement du multilatéralisme

Photo: Moa Haeggblom
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, et le Premier ministre suédois, Stefan Löfven, avant le début du séminaire de réflexion du chef d el’ONU et du Conseil de sécurité dans le pays.

A l’issue de sa visite de trois jours en Suède, le Secrétaire général des Nations Unies s’est félicité lundi du succès de la retraite du Conseil de sécurité, organisé par le pays scandinave les 21 et 22 avril.
« Je crois que l’initiative a été couronnée de succès, dans le sens où nous avons eu deux jours de discussions très constructives, que les tensions se sont refroidies et qu’il sera désormais possible d’aller de l’avant par rapport aux objectifs clés », a déclaré António Guterres lors d’une conférence de presse depuis Stockholm, la capitale de la Suède.

S’agissant de Syrie, le chef de l’ONU a souligné trois objectifs clefs, d’abord arriver à une solution politique et obtenir un accès humanitaire complet aux populations dans le besoin. Face aux attaques « absolument inacceptables » à l’arme chimique, M. Guterres a plaidé pour l’établissement d’un mécanisme « indépendant » capable non seulement d’enquêter mais aussi d’établir les responsabilités, permettant ainsi aux membres du Conseil de sécurité d’utiliser les instruments pertinents de la Charte des Nations Unies.
Pour rappel, le mandat du dernier Mécanisme de vérification conjoint (JIM) de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) n’avait pas été renouvelé suite à la remise en question de son rapport par la Russie.
« Il y a des expériences dans le passé qui montrent qu’il existe des moyens de prendre en compte les préoccupations que certains États membres pourraient avoir concernant l’impartialité du mécanisme. Alors gardons l’esprit ouvert et regardons vers l’avenir sans essayer immédiatement de configurer une solution avant les consultations nécessaires », a dit M.Guterres.
Le Secrétaire général a par ailleurs remercié la Suède pour son rôle de « pilier du multilatéralisme », louant ses efforts sans relâche en faveur de la prévention, de la résolution des conflits, de la médiation et du maintien de la paix, y compris pour résoudre des crises telles que celle avec la Corée du Nord ou au Myanmar.
M Guterres a également mis en exergue le leadership de Stockholm en matière de lutte contre le changement climatique, de réponse aux crises humanitaires, de parité, et d’appui aux réformes structurelles de l’ONU.
Dans un monde de l’après-guerre froide, ou beaucoup de pays agissent de façon indépendante et peuvent dans certaines situations être des fauteurs de trouble, M. Guterres a souligné qu’importe de créer ou de renforcer les mécanismes de désescalade des tensions pour éviter que ces dernières ne dérapent.
« Un effort sérieux doit être mené pour désamorcer les tensions, pour trouver un consensus, et pour rassembler de nouveau les pays » a conclu le chef de l’ONU.