Le Conseil de sécurité rappelle l’importance de la non-prolifération des armes de destruction massive

Photo ONU/Eskinder Debebe
Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU (archives).

Le Conseil de sécurité s’est réuni jeudi pour discuter de la non-prolifération des armes de destruction massive, l’occasion pour les Etats membres de rappeler le rôle essentiel de la résolution 1540 (2004) pour lutter contre la menace « claire et actuelle » de voir des armes de destruction massive tomber dans les mains de groupes non étatiques, y compris terroristes.
Le Président du Comité du Conseil de sécurité établi en vertu de la résolution 1540, l’Ambassadeur Sacha Sergio Llorentty Soliz, représentant de la Bolivie, a présenté les travaux récents et les projets pour l’année en cours du Comité.
Le Comité 1540 compte en particulier tenir cette année des discussions sur les moyens de renforcer les lois nationales visant à lutter contre le risque de prolifération et de tenir compte de la nature constamment évolutive de la menace.

M. Llorentty Soliz a rappelé que l’une des priorités du Comité consisterait à examiner les rapports nationaux que les États membres doivent remettre périodiquement afin de rendre compte des mesures prises pour mettre en œuvre les obligations que leur impose la résolution 1540.
La coopération est un aspect sur lequel beaucoup des intervenants ont insisté, et en premier lieu la Russie. Celle-ci voit dans la résolution 1540 – qu’elle avait coparrainée avec les États-Unis – un « instrument de coopération et de service, et non de contrainte ».
M. Llorentty Soliz a également mis l’accent sur les activités de plaidoyer et d’assistance du Comité, ces dernières étant très importantes pour permettre à tous les États de s’acquitter de leurs obligations. L’Éthiopie, qui a déploré le « retard » de l’Afrique – 11 des 13 États qui n’ont jamais remis de rapport sont africains – a invité le Comité 1540 à renforcer sa coopération avec l’Union africaine ainsi qu’à perfectionner son cadre d’assistance pour combler les lacunes existantes.
Plusieurs délégations ont d’ailleurs insisté sur la coopération avec les organisations internationales et régionales.
Si les travaux du Comité ont été salué par la plupart des délégations, certaines – en particulier les États-Unis – ont regretté qu’il lui ait fallu trois mois pour adopter son programme de travail annuel.
C’est que, de menace, la possession d’armes de destruction massive par des groupes terroristes – et leur utilisation – est, comme l’a constaté la Pologne, devenue « une terrible réalité ».
L’usage répété d’armes chimiques et la Syrie s’est ainsi de nouveau retrouvé au centre des préoccupations du Conseil de sécurité et certains membres, comme la Suède ou la Guinée équatoriale, ont une fois encore déploré l’incapacité du Conseil à mettre en place un nouveau mécanisme d’enquête et de désignation sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, afin de « montrer au monde que ces armes restent inacceptables ».
Pour de nombreux intervenants, les « immenses pressions » imposées au cadre mondial de non-prolifération ne tiennent en effet pas seulement à la menace terroriste. En citant « la réémergence des armes chimiques », le représentant de la France a ainsi parlé de « la Syrie, avec leur emploi par le régime d’Assad et Daech », l’attaque de Salisbury au Royaume-Uni, ainsi que « le risque persistant d’une Corée du Nord nucléaire ».