Attaque chimique présumée en Syrie : le chef de l’ONU réitère son appel pour une enquête « impartiale »

Photo HCR/Bassam Diab
Une femme syrienne déplacée par les combats dans la Ghouta orientale, en Syrie, utilise du bois et des cartons pour cuire des oeufs dans un abri à Herjelleh.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres s’est dit outré mardi par les informations persistantes concernant l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et a réitéré sa « ferme condamnation de l’utilisation d’armes chimiques contre la population civile ».
« Toute utilisation confirmée d’armes chimiques, par n’importe quelle partie au conflit et en toutes circonstances, est odieuse et constitue une violation flagrante du droit international », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse.« La gravité des récentes allégations nécessite une enquête approfondie utilisant une expertise impartiale, indépendante et professionnelle », a-t-il ajouté dans un communiqué. À cet égard, il a réaffirmé son plein appui à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et à sa mission d’établissement des faits chargée d’enquêter sur ces allégations. « La mission d’établissement des faits devrait bénéficier d’un accès complet, sans aucune restriction ou entrave à l’exécution de ses activités », a ajouté le chef de l’ONU.
Selon le porte-parole du Secrétaire général, les normes édictées contre les armes chimiques doivent être respectées. « J’appelle le Conseil de sécurité à s’acquitter de sa responsabilité et à trouver une unité sur cette question. J’encourage également le Conseil à redoubler d’efforts pour convenir d’un mécanisme spécifique de responsabilisation », a encore dit le porte-parole qui rappelle qu’António Guterres est « prêt à soutenir de tels efforts ».
Dimanche déjà, le chef de l’ONU s’était dit particulièrement alarmé par ces allégations.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu lundi une réunion d’urgence pour discuter des allégations d’utilisation d’armes chimiques contre des populations civiles à Douma, dans la Ghouta orientale, en Syrie. A cette occasion, l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’est dit alarmé par les récents développements en Syrie, mettant en garde contre les risques d’escalade supplémentaire « qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices difficiles à imaginer ».
Plus de 130.000 personnes ont fui la Ghouta orientale en quatre semaines
Sur le plan humanitaire, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est déclarée vivement préoccupée par cette « nouvelle spirale de déplacements » de l’enclave de la Ghouta orientale. En quatre semaines, plus de 133.000 personnes auraient fui alors que les agences humanitaires n’y auraient toujours pas accès.
Environ 45.000 de ces personnes sont hébergées dans huit abris collectifs situés dans la région rurale de Damas, la capitale syrienne. Pratiquement le même nombre de femmes, d’enfants et d’hommes âgés ont quitté les abris de fortune surpeuplés après les contrôles d’usage des autorités gouvernementales. « Nous savons que les civils quittent la Ghouta orientale, mais comme vous le savez, nous ne faisons pas partie des accords d’évacuation en cours ou de leur mise en œuvre », a déclaré Andrej Mahecic, porte-parole du HCR lors d’un point de presse ce mardi à Genève.
Face à ce drame humanitaire, les équipes du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés travaillent avec des partenaires locaux et des ONG pour aider à améliorer les conditions de vie dans ces abris collectifs qui restent encombrés. Selon le HCR, près d’un quart ou un million de ces déplacés syriens ont un besoin urgent d’aide et seules plus de 60.000 personnes ont été atteintes jusqu’à présent. Sur le terrain, le HCR fournit des articles de première nécessité, des abris et des services de protection, avec notamment des conseils juridiques offerts à 22.000 personnes.
Mais pour venir en aide à ces populations vulnérables, le HCR lance un appel à toutes les parties au conflit pour une protection adéquate des civils, notamment la liberté de mouvement et le libre choix du lieu de résidence. « L’unité familiale doit également être respectée », a plaidé Andrej Mahecic.