Journée des femmes : « nous n’attendons pas d’être sauvées, nous nous sauvons nous-mêmes »

Photo ONU/Elizabeth Scaffidi
L’actrice Danai Gurira Resse (à gauche), Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes, et l’actrice américaine Reese Witherspoon (à droite) lors de la célébration de la Journée internationale des femmes au siège de l’ONU.

A l’occasion de la Journée internationale des femmes célébrée chaque année le 8 mars, plusieurs femmes sont intervenues jeudi à l’Assemblée générale des Nations Unies pour attirer l’attention sur les efforts des activistes, dans les villes et dans les campagnes, pour autonomiser les femmes.
Bien qu’elles représentent plus d’un quart de la population mondiale, les femmes rurales sont laissées pour compte dans chaque aspect de développement.
« Plus de 400 millions de femmes travaillent dans l’agriculture partout dans le monde. Elles plantent, cueillent et emballent les aliments que nous mangeons, leur travail est vital pour nos vies », a déclaré Monica Ramirez, la co-fondatrice et présidente d’Alianza Nacional de Campesinas – une organisation réunissant des femmes agricultrices aux Etats-Unis.

A la tribune de l’Assemblée générale, Mme Ramirez a exhorté « les dirigeants gouvernementaux, nos alliés masculins et la société civile, à se joindre à nous alors que nous œuvrons à promouvoir les droits des femmes rurales »
Autonomiser les femmes dans tous les contextes
Mais les discriminations et les violences dont sont victimes les femmes ne se limitent pas au monde rural. Partout dans le monde, dans les campagnes comme dans les villes, des femmes et des hommes se mobilisent pour protester et agir contre le harcèlement sexuel et les violences, comme l’attestent les marches et les campagnes, telles que le mouvement #MeToo lancée aux Etats-Unis après les révélations d’agressions sexuelles attribuées au producteur américain Harvey Weinstein.
« Faites venir Hollywood dans les campagnes et les campagnes à Hollywood parce que la lutte est universelle », a déclaré Phumzile Mlambo-Ngcuka, la Directrice exécutive d’ONU Femmes. « Nous devons continuer jusqu’à ce que nous remportions nos victoires », a jouté la haute responsable onusienne.
La Journée internationale des femmes 2018 est l’occasion de favoriser l’autonomisation des femmes dans tous les contextes.
« L’un des moyens les plus importants qu’un gouvernement peut utiliser pour avoir une croissance économique est d’atteindre la parité entre les sexes et l’égalité des sexes », a pour sa part déclaré Julie Bishop, la Ministre des affaires étrangères de l’Australie.
« Les recherches montrent que les inégalités liées au genre ont des conséquences majeures sur l’économie mondiale », a rappelé celle qui est la première femme à diriger la diplomatie australienne.
Présente à l’ONU, l’actrice et productrice américaine, Reese Witherspoon, a souligné que le mouvement en faveur des droits des femmes continuera. « Comprenez que nous ne partirons pas, que nous n’allons pas nous taire, nous voulons nous voir représenter à 50/50 », a pour sa part déclaré l’actrice récompensée aux Oscars pour son rôle dans Walk the Line. « Nous n’allons pas nous arrêter, nous allons défendre les femmes à côté de nous ».

Participant également à la Journée mondiale des femmes aux Nations Unies, l’actrice et dramaturge américano-zimbabwéenne, Danai Gurica, a témoigné de sa propre expérience en tant que femme dans sa carrière professionnelle. « J’ai tiré de la force [pour mes personnages] des femmes de mon histoire au Zimbabwe. Ce sont des femmes qui se sont affirmées mais qui ne sont pas écoutées », a déclaré Mme Gurica, également militante des droits des femmes.
Pour l’actrice de The Walking Dead et de Black Panther, « il s’agit de faire en sorte que le potentiel des filles et des femmes ne soit pas laissé à terre ».
Le monde est à un moment clé pour les droits des femmes et des filles
Lors de cette Journée internationale des femmes, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a souligné que le monde est à un moment clé pour les droits des femmes et des filles.
« Pendant des décennies, les femmes ont réclamé l’égalité qui est leur droit. Et aujourd’hui, elles secouent les piliers du patriarcat. Elles racontent leurs histoires et provoquent des conversations importantes et nécessaires », a déclaré M. Guterres.
« Partout, les femmes disent ‘l’heure est venue’. L’heure de l’égalité et des opportunités, du respect et de la représentation égale. L’heure de mettre fin à la violence », a dit le Secrétaire général.
Pour le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, « nous ne pouvons plus appeler à l’égalité des sexes, sans accompagner nos appels par des actions ».
« Nous ne pouvons plus parler pour les droits des femmes, sans parler lorsqu’elles sont violées. Nous ne pouvons plus nous mettre d’accord sur les actions à prendre, si nous n’agissons pas nous-mêmes », a dit M. Lajčák.
Mais les femmes prennent déjà les devants. « Nous n’attendons pas d’être sauvées, nous nous sauvons nous-mêmes, malgré tous les obstacles », a affirmé Monica Ramirez.