L’ONU lance un appel pour financer l’aide humanitaire dans le nord-est du Nigéria

Des personnes déplacées sur un site de distribution alimentaire à Rann, dans l’État de Borno, au nord-est du Nigéria. Photo: OIM / Jessica Mamo

Alors que la crise dans le nord-est du Nigéria – une région dévastée par l’insurrection de Boko Haram – dure depuis plus de huit ans, les agences des Nations Unies et leurs partenaires humanitaires ont lancé jeudi un appel de fonds de 1 milliard de dollars pour financer des programmes d’assistance d’urgence.
« La crise humanitaire dans le nord-est du Nigéria, qui s’est propagée dans la région du lac Tchad, est l’une des plus graves au monde », a déclaré le Coordinateur humanitaire pour ce pays, Edward Kallon. « Cette crise est avant tout une crise de protection qui a également évolué vers une crise alimentaire et nutritionnelle ».


Selon les estimations, près de huit millions de personnes ont besoin d’une forme d’aide humanitaire dans le nord-est, les États de Borno, Adamawa et Yobe étant les plus touchés.
S’il est entièrement financé, le Plan d’intervention humanitaire 2018 atteindra 6,1 millions de personnes vulnérables, leur fournissant nourriture, protection, eau, abris et assainissement, médicaments, soins de santé, éducation et un soutien à l’agriculture.
Au total, une soixantaine d’organisations humanitaires, dont des agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales, mettront en œuvre le plan de réponse humanitaire en 2018.
« C’est un pas en avant vers le renforcement du lien entre l’humanitaire, le développement et la paix, conformément à la nouvelle méthode de travail et aux engagements pris lors du Sommet humanitaire mondial en mai 2016 », a déclaré M. Kallon.
Soulignant l’importance d’une coordination forte et d’un financement généreux, le représentant de l’ONU a rappelé les efforts humanitaires en 2017, qui ont permis de sauver des millions de vies dans la région, de contenir une épidémie mortelle de choléra et aidé les enfants à aller à l’école.
Cependant, malgré les succès enregistrés, de nombreux défis demeurent et les affrontements continuent de forcer les gens à quitter leur domicile. Et au-delà de l’aide humanitaire, une solution politique durable est essentielle, a déclaré M. Kallon.