Commémoration de l’Holocauste : le chef de l’ONU appelle à ne pas ignorer la haine aujourd’hui

Photo de groupe de survivants de l’Holocauste et de participants à la commémoration des Nations Unies. Photo ONU/Manuel Elias

A l’occasion d’une commémoration de l’Holocauste mercredi au siège de l’ONU, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a prévenu mercredi qu’il ne fallait pas ignorer la haine, la xénophobie et les autres formes de discrimination qui existent aujourd’hui dans le monde.
« Puisque la haine et le mépris de vies humaines sont endémiques à notre époque, nous devons nous prémunir contre la xénophobie tous les jours et partout. Partout dans le monde, le niveau de haine est élevé », a déclaré M. Guterres lors de cette commémoration.
Thomas Buergenthal, un survivant de l’Holocauste, juge à la retraite de la Cour internationale de justice (CIJ) et professeur à la faculté de droit de l’Université George Washington, et Eva Lavi, la plus jeune survivante de la liste de Schindler, ont participé à cette commémoration.

Les représentants d’Israël, d’Allemagne et des États-Unis ont également prononcé des discours.
73e anniversaire de la libération d’Auschwitz
Il y a quatre jours, le 27 janvier a marqué le 73e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz.
« L’horreur énorme de ces 12 années, de 1933 à 1945, se répercute à ce jour », a déclaré M. Guterres. « Cette journée commémorative annuelle porte sur le passé, mais aussi sur l’avenir. Il s’agit des Juifs, mais aussi de tous les autres qui sont des bouc-émissaires et sont calomniés uniquement pour ce qu’ils sont ».
Le chef de l’ONU a rappelé que « le génocide ne se produit pas dans le vide » et que « l’Holocauste a été le point culminant de l’hostilité envers les Juifs pendant des millénaires ».
« Nous ne devons pas perdre de vue ce qui a mal tourné », a-t-il déclaré, mettant en garde contre une haine résurgente, telle la marche de 60.000 personnes brandissant « Europe blanche » et « Sang propre » dans une capitale il y a deux mois.
La commémoration, organisée par la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies à la communication mondiale, Alison Smale, a débuté par une minute de silence en l’honneur des victimes et des survivants de l’Holocauste.
Pour sa part, le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a déclaré : « Nous ne sommes pas ici aujourd’hui seulement pour commémorer l’Holocauste. Nous sommes également ici pour nous souvenir de notre échec collectif à l’empêcher ».
Il a rappelé que l’Holocauste ne s’est pas produit en un jour. « Nous l’avons vu venir, et nous ne l’avons pas arrêté ». Et, quand ce fut fini, une promesse fut faite de faire en sorte que ce ne se reproduise plus, « plus jamais ». Mais, malheureusement, cette promesse n’a pas toujours été tenue.
« Nous n’avons pas eu d’autre guerre mondiale. Nous n’avons pas non plus vu quoi que ce soit de l’ampleur de l’Holocauste. Mais nous avons senti le sol trembler. Nous avons vu l’alerte rouge clignoter », a-t-il dit, citant des actes de génocide, de discrimination systématique, d’antisémitisme, de racisme, d’intolérance, d’islamophobie et des discours de haine.
« Trop souvent, nous n’avons pas eu le courage d’appeler ces choses par leur nom et d’agir en conséquence », a-t-il déclaré. « Nous devons donc réfléchir à notre inaction et à nos échecs. Mais nous devons également utiliser cette occasion pour susciter le changement ».