Le Conseil de sécurité proroge, jusqu’au 15 mars 2018, le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS)

Le Conseil de sécurité, considérant que la situation au Soudan du Sud continue de constituer une menace pour la paix et la sécurité internationales, a décidé, le 14 décembre 2017, de proroger le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) jusqu’au 15 mars 2018.
En adoptant à l’unanimité la résolution 2392 (2017), présentée par les États-Unis, le Conseil, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, « autorise la Mission à utiliser tous les moyens nécessaires pour mener à bien ses tâches ».
Cette prorogation va au-delà de la recommandation faite par le Secrétaire général de l’ONU, qui préconisait dans son rapport* que le mandat actuel de la MINUSS soit prorogé de deux mois pour permettre l’achèvement de l’examen stratégique de la Mission, actuellement en cours, et l’analyse, par le Conseil, de ses recommandations.
Dans une déclaration présidentielle, lue à l’issue du vote, le Conseil de sécurité se dit à nouveau profondément préoccupé de la situation sur les plans politique, humanitaire, économique, de sécurité et des droits de l’homme au Soudan du Sud.
Le Conseil « s’inquiète vivement des activités menées par toutes les parties au conflit qui perpétuent cet état de choses ». Désormais, note-t-il, 7,6 millions de personnes ont besoin d’aide, 4 millions sont déplacées et 6 millions « n’ont pas de quoi manger à leur faim ».
Il déplore que les parties n’aient pas pleinement mis en œuvre les mesures qu’il avait demandées, tout particulièrement le respect du cessez-le-feu permanent et l’accès sans entrave de l’aide humanitaire, et exige d’elles qu’elles les appliquent sans délai. Le Conseil prend toutefois note de l’initiative de cessez-le-feu prise par le Gouvernement, lui demande de s’y tenir et exhorte l’opposition à en faire autant.
Il prend également note du rapport de la Commission mixte de suivi et d’évaluation selon lequel « les conditions propices à la tenue d’élections crédibles en 2018 ne sont pas réunies à l’heure actuelle ».
Le Conseil exprime son ferme appui au Forum de haut niveau pour la revitalisation de l’Accord, que prépare l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), et souligne qu’« aucune des parties ne devrait imposer de conditions préalables à sa participation, sous peine de sanctions ». Selon lui, le Forum de l’IGAD est la « dernière chance » pour les parties de parvenir à une paix et une stabilité durables au Soudan du Sud.
Il est en outre demandé à toutes les parties de cesser les hostilités pour montrer leur volonté de respecter leurs engagements à l’égard du Forum et de s’entendre sur des mécanismes de contrôle et d’exécution, de sorte à pouvoir appliquer les décisions prises lors du Forum.
Au Gouvernement sud-soudanais, il est rappelé l’engagement qu’il a pris de coopérer pleinement avec la MINUSS et lui demande de s’y tenir. Le Conseil réaffirme enfin qu’il faut traduire en justice les auteurs de violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, « afin de rompre le cycle de l’impunité qui prédomine actuellement » au Soudan du Sud.