Vingt États Membres promettent près de 400 millions de dollars pour soutenir les activités de développement des Nations Unies en 2018

La liste des contributions volontaires aux institutions spécialisées, fonds et programmes du système onusien reste ouverte jusqu’au 30 juin 2018

L’an dernier, 26 États Membres avaient promis de débourser plus d’un milliard de dollars pour le financement des activités opérationnelles des agences, fonds et programmes du système des Nations Unies, un engouement qui a été moindre cette année puisque 20 États Membres seulement sont venus faire des promesses de contributions à ces activités pour 2018, à l’occasion de la Conférence annuelle consacrée à ces annonces, qui totalisent 398 980 195 dollars.
À l’ouverture de la Conférence des Nations Unies de 2017 pour les annonces de contributions aux activités de développement, le Directeur du Bureau d’appui au Conseil économique et social (ECOSOC) et de la coordination, M. Navid Hanif, a présenté les tendances du financement des activités opérationnelles de développement des Nations Unies en précisant que 29,9 milliards de dollars avaient été déboursés à ce titre en 2016.
À titre de comparaison, ce chiffre représente 20% des 142,6 milliards de dollars dévolus à l’aide publique au développement (APD) en 2016, selon des données fournies par le groupe de travail OCDE/CAD (Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques) sur l’évaluation de l’aide.
En 2016, 22% à peine des fonds reçus par l’ONU pour ses activités de développement provenaient de ressources dites « de base », a précisé M. Hanif, c’est-à-dire des ressources versées aux budgets des fonds et agences. De plus, la moitié de ces ressources de base était fournie par seulement sept pays. Toutefois, une note d’espoir tient au fait que les ressources de base ont augmenté de 5% en 2016 par rapport à l’année précédente, mettant ainsi fin à deux années consécutives de baisse.
En plus des 6,5 milliards de ressources de base, le système des Nations Unies pour le développement a reçu en 2016 un total de 23,4 milliards de la catégorie « autres ressources », qu’on appelle aussi ressources « pré-affectées » ou « ciblées » parce qu’elles sont dédiées à financer des programmes particuliers des agences.
Toujours l’an dernier, les fonds provenant de trois gouvernements -les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne- représentaient 48% des contributions de tous les Gouvernements en faveur du système des Nations Unies pour le développement, a souligné M. Hanif, une part qui était de 37% 10 ans auparavant.
Autre tendance, les contributions de tous les États Membres aux activités de développement de l’ONU ont plus que doublé entre 2002 et 2016, pendant que, dans le même temps, les « autres ressources » augmentaient sept fois plus que les ressources de base. En outre, depuis 2012, les contributions pour les activités humanitaires ont augmenté plus vite que celles dédiées aux activités de développement, respectivement de 83% et 12%.
Quatre entités -le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes)- ont reçu à elles seules le tiers des fonds destinés au système des Nations Unies pour le développement en 2016. Le PNUD a ainsi reçu 4,25 milliards, alors que le FNUAP a bénéficié de 833 millions. L’UNICEF a perçu de son côté 4,9 milliards et ONU-Femmes 327 millions de dollars.
Après les annonces de contributions des États Membres, les représentants d’agences, fonds et programmes du système des Nations Unies ont remercié les donateurs, tout en appelant à des financements davantage prévisibles et orientés vers les « ressources de base ».
Le Directeur du Groupe des partenariats au Bureau des relations extérieures et du plaidoyer du PNUD, M. Nick Hartann, s’exprimant au nom de l’Administrateur du Programme, a indiqué que le nouveau plan stratégique 2017-2021 du Programme sera bientôt adopté. En termes de bilan, les activités opérationnelles du PNUD ont permis la création de deux millions d’emplois dans les pays en développement. Soixante-quinze millions d’électeurs ont pu également être enregistrés grâce au PNUD qui a, du reste, mis sur pied 1 200 initiatives de réduction de risque de catastrophes dans 36 pays.
Malgré la volonté du PNUD, ses ressources sont en diminution, a-t-il déploré en signalant une baisse de 36% des « ressources de base » entre 2010 et 2016, alors que les « autres ressources » ont augmenté de 12%. Le PNUD s’attend à recevoir au total 600 millions de dollars d’ici à la fin de l’année, soit une baisse de 3% en comparaison aux 618 millions de dollars que le Programme avait reçus en 2016. Cette tendance à la baisse se manifeste aussi dans les budgets du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires, du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud et du programme des Volontaires des Nations Unies.
De son côté, le Directeur par intérim de la Division des partenariats publics de l’UNICEF, M. Sanjay Wijesekera, a remercié les États Membres pour leur soutien qui permet au Fonds de venir en aide aux enfants les plus marginalisés dans le monde. L’UNICEF projetait des revenus de plus de deux milliards de dollars pour la période 2014-2017, sachant que ses trois plus grands donateurs restent les États-Unis, la Suède et la Norvège. M. Wijesekera a souligné l’importance de pouvoir se reposer sur des ressources régulières qui ont l’avantage d’apporter une souplesse qui facilite le travail de fond ainsi que les réponses aux crises humanitaires, telles que la flambée de la poliomyélite au Nigéria.
Toutefois, les ressources humanitaires de l’UNICEF ont baissé de près de 100 millions de dollars entre 2014 et 2016 et de nombreux appels de dons restent non financés, a regretté M. Wijesekera. Il a en outre expliqué que les cinq objectifs du plan stratégique de l’UNICEF s’inscrivent en droite ligne des objectifs de développement durable, et que ce plan ne pourra se réaliser que dans le cadre d’un travail en synergie entre programmes, agences et Fonds des Nations Unies.
En ce qui concerne le FNUAP, le Chef de la branche de la mobilisation des ressources de la Division de la communication stratégique et des partenariats, M. Klaus Simoni Pedersen, a expliqué que l’efficacité des actions du Fonds se mesurait en termes de survie, santé, bien-être et respect des droits des femmes et jeunes filles, dans les 155 pays et territoires du monde où le FNUAP intervient. Un nouveau Plan stratégique 2018-2021 vient d’être adopté, qui vise trois résultats transformatifs: « zéro besoin non satisfait en matière de planification familiale; zéro mort évitable pour les mères; et zéro pratique nocive et violence sexiste ».
Parmi les bons résultats obtenus par le FNUAP au cours des trois dernières années, M. Pedersen a cité les 54 millions d’utilisateurs supplémentaires qui bénéficient des services de planning familial modernes, les 11 millions d’adolescents qui ont bénéficié de services de santé génésiques, les 39 000 opérations de réparation de fistules obstétriques qui ont été effectuées, les 4 883 communautés qui ont publiquement déclaré leur intention de mettre fin aux mutilations génitales féminines et les 16 millions de femmes et jeunes filles vivant en situation humanitaire qui ont bénéficié des services de santé génésique.
Dans la région du Kasaï en République démocratique du Congo (RDC), en Iraq, au Myanmar, en Syrie, en Ukraine et au Yémen, le FNUAP et ses partenaires œuvrent pour la prise en charge des besoins de femmes, filles et jeunes gens, a assuré M. Pedersen. Des cliniques mobiles au Kasaï permettent aux femmes d’accéder aux soins de santé divers, tandis que 24 000 femmes ont reçu des soins grâce au FNUAP en Syrie, en plus de 29 000 autres qui ont pu bénéficier de césariennes. Il a aussi mentionné les 6 000 trousses d’hygiène féminine qui ont été distribuées aux déplacées Rohingya.
M. Pedersen a invité les donateurs, y compris les pays émergeants et les pays à revenu intermédiaire à faire davantage d’efforts pour augmenter les fonds dédiés aux « ressources de base » du FNUAP en 2018, disant attendre 349 millions de dollars à ce titre en 2017. Le Fonds espère recevoir au total 849 millions de dollars en 2017, soit une diminution de 26% par rapport à l’objectif de 1 142 millions de dollars qui avaient été budgétisés. Les « ressources de base » permettent au FNUAP d’assurer une meilleure planification de ses activités, a-t-il argué en précisant que les progrès sur le terrain découlent généralement d’une programmation pluriannuelle.
Enfin, pour ONU-Femmes, Mme Linda Kalenga, chargée de la mobilisation des ressources, a rappelé que pour que le développement puisse être efficace il faut que les femmes, soit la moitié de la population mondiale, soient autonomisées. Elle a fait état des progrès réalisés dans certains domaines grâce à l’aide d’ONU-Femmes, notamment la création d’un environnement qui permet l’épanouissement et l’autonomisation des femmes, y compris dans le domaine politique. Depuis la création d’ONU-Femmes, de nombreux pays ont accru leurs allocations budgétaires pour l’égalité entre les sexes, s’est félicitée Mme Kalenga.
Les activités de mise en œuvre des objectifs de développement durable doivent aller de pair avec le financement, a fait valoir Mme Kalenga en soulignant qu’ONU-Femmes compte sur l’appui des États Membres à cet égard, à la fois pour son budget ordinaire et pour ses programmes thématiques. Elle a annoncé avec satisfaction que les ressources d’ONU-Femmes connaissaient le taux de croissance le plus élevé en comparaison avec les autres agences onusiennes, et précisé qu’elle comptait aujourd’hui 108 pays donateurs.
En début de séance, la Conférence avait élu son Président, M. Zohrab Mnatsakanyan (Arménie), et ses Vice-Présidents, M. Jürgen Schulz (Allemagne) et Mme Hessa Al Ateibi (Émirats arabes unis). Le Président de la Conférence, a souligné que pour rester efficace, le système des Nations Unies pour le développement devait être doté de financements de qualité et de quantité suffisante. Rappelant que les contributions aux activités opérationnelles de développement demeurent en deçà des besoins, il a mis en garde que des résultats positifs ne pourront être obtenus qu’avec un financement de base approprié, car ce financement permet de garantir la flexibilité, la cohérence et des approches plus stratégiques.
La Conférence a également pris note que certains gouvernements n’étaient pas encore en mesure d’annoncer le montant de leurs contributions mais se proposaient de les faire connaître au Secrétaire général dès qu’ils le pourraient. À ce propos, le Président de la Conférence a indiqué que le Secrétaire général garderait ouverte jusqu’au 30 juin 2018 la liste des contributions volontaires supplémentaires aux institutions spécialisées, fonds et programmes du système des Nations Unies.
Les délégations ont par ailleurs adopté le projet de rapport* de la Conférence de 2017 pour les annonces de contributions aux activités de développement. Les États Membres étaient en outre saisis du rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 67/226 de l’Assemblée générale sur l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies**, d’une note*** du Secrétaire général sur les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies et d’une autre**** sur l’état, au 30 juin 2017, des contributions annoncées ou versées pour cette année lors de la Conférence d’annonce de contributions de 2016.