Coopération ONU-Union africaine : Le Représentant spécial du Secrétaire général relaye les appels en faveur d’un renforcement logistique et financier

Le Représentant spécial du Secrétaire général auprès de l’Union africaine (UA), M. Haile Menkerios, a, le 12 septembre 2017, présenté devant le Conseil de sécurité les points saillants de la onzième réunion annuelle des Nations Unies et de l’UA, qui s’est tenue la semaine dernière à Addis-Abeba, en Éthiopie, en relayant les appels en faveur d’un renforcement logistique et financier entre les deux organisations.
Les membres du Conseil de sécurité se sont, pour leur part, félicités de la coopération de plus en plus étroite entre ces deux organisations et ont appelé à la renforcer, en soulignant les problèmes qui se posent en termes de financement.
M. Menkerios, qui est à la tête du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (BNUUA), a basé son exposé sur le rapport annuel du Secrétaire général sur le renforcement du partenariat entre l’ONU et l’UA sur les questions de paix et de sécurité en Afrique*, et notamment sur les activités du Bureau.
Le partenariat entre le Secrétariat de l’ONU et la Commission de l’UA se caractérise désormais par un engagement constant des personnels à chaque niveau, a-t-il indiqué, en citant la tenue régulière de séances d’information conjointes avec les représentants et envoyés spéciaux respectifs.
Lors des délibérations de la semaine dernière, les deux conseils ont réitéré le principe de la responsabilité première du Conseil de sécurité de maintenir la paix et la sécurité internationales, tout en réaffirmant la nécessité de renforcer le partenariat entre les deux organes, notamment par le biais de missions conjointes.
Ils ont également proposé d’entendre les représentants de l’UA lorsque leurs homologues des Nations Unies s’expriment au cours de réunions sur la paix et la sécurité en Afrique. Le Secrétariat de l’ONU, a précisé M. Menkerios, est prêt à travailler avec la Commission de l’UA et avec les communautés économiques régionales pour donner suite à ce souhait.
Les représentants ont aussi souligné l’importance d’une collaboration plus étroite pour la prévention des conflits et la pérennisation de la paix, ainsi qu’en matière de consolidation de la paix.
En commentant ces observations, le délégué du Royaume-Uni a proposé de rendre des rapports communs sur la violence sexiste et sexuelle, tandis que son homologue de la France a prôné un meilleur partage de l’information d’alerte précoce.
Plusieurs membres du Conseil ont cité le cas de la Gambie pour illustrer les fruits d’un partenariat en matière de prévention et de médiation des conflits, se félicitant de la collaboration trilatérale entre le Conseil, l’UA et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
D’autres ont mentionné la collaboration de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), de l’UA et de l’ONU pour traiter de la situation au Soudan du Sud.
Le représentant de la Fédération de Russie a émis l’espoir de tirer profit de ce format tripartite dans d’autres situations sur le continent. En revanche, il a jugé inacceptable d’imposer aux pays africains des « recettes extérieures » pour le règlement de situations, citant le Burundi en exemple.
La même délégation a abordé les problèmes de financement des opérations de soutien à la paix menées par l’UA en invoquant la compétence exclusive à cet égard des organes spécialisés de l’ONU chargés de traiter des questions financières et budgétaires, à savoir la Cinquième Commission, l’Assemblée générale et le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires.
Plusieurs membres du Conseil de sécurité se sont montrés déterminés à trouver une solution pour apporter un soutien logistique et financier prévisible et adéquat pour ces opérations. La résolution 2320 (2016) du Conseil de sécurité, datant du 18 novembre 2016, avait prévu à ce sujet que le fardeau financier des opérations de soutien à la paix de l’UA devait être mieux réparti.
Le problème de financement que connaît actuellement la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) a été soulevé en particulier par le Représentant spécial qui a relayé les « appels passionnés » du Conseil de paix et de sécurité de l’UA pour obtenir un financement prévisible, souple et adéquat. Il a annoncé un rapport du Secrétaire général en novembre 2017 sur l’avenir du financement de cette mission.
Le représentant de l’Éthiopie, pays hôte de la réunion de la semaine dernière, a rappelé que la séance de ce jour précédait de peu le débat de haut niveau que tiendra le Conseil de sécurité le 20 septembre prochain concernant la réforme des opérations de maintien de la paix.