Le Conseil de sécurité impose le régime de sanctions « le plus sévère et le plus strict » à la République populaire démocratique de Corée

Une semaine après le dernier essai nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), le Conseil de sécurité a, ce soir, durci son régime de sanctions à l’encontre de ce pays: limitation des importations de pétrole, interdiction d’importer du gaz naturel, gel des exportations de textile et refus de permis de travail aux expatriés nord-coréens.
En adoptant à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 2375 (2017), présentée par les États-Unis, le Conseil a, pour la huitième fois en 11 ans, renforcé le train de mesures initié par la résolution 1718 (2006). D’après la représentante américaine, il s’agit des sanctions « les plus sévères jamais adoptées contre la RPDC », et pour son homologue britannique, du régime « le plus strict jamais imposé à un État Membre au XXIe siècle ».
Aux termes de ce texte, tous les États doivent empêcher la fourniture, la vente ou le transfert à Pyongyang de « produits pétroliers raffinés », au-delà d’une quantité maximale de 500 000 barils pour la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2017 et de 2 millions de barils par an à compter du 1er janvier 2018.
Tous les États, stipule la résolution, doivent aussi empêcher la fourniture, la vente ou le transfert à la RPDC de gaz naturel, laquelle se voit interdire d’exporter du textile. Les États devront également s’abstenir de fournir aux ressortissants nord-coréens un permis de travail. La République de Corée s’est particulièrement félicitée de ces dispositions qui prive son voisin du nord de ses deux plus grandes sources de revenus et donc de sa faculté de financer son programme nucléaire.
Il est également demandé aux États d’inspecter les navires se trouvant en haute mer, s’il y a lieu de penser que leur cargaison contient des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. En outre, la résolution élargit l’interdiction de voyager en vigueur à « un membre de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée », et le gel de ses avoirs ainsi qu’à plusieurs nouvelles entités.
Si elle s’est jointe au consensus au moment du vote, la Fédération de Russie a estimé que les pressions financières ont montré leurs limites, mettant en garde contre tout autre renforcement des sanctions en raison de leur nature préjudiciable pour la population nord-coréenne.
Partisane d’une troisième voie, qui associe sanctions et solution diplomatique, la Fédération de Russie s’est dite inquiète du « refus » des États-Unis de s’engager sur certains points, comme de renoncer à une intervention militaire contre la RPDC et à un changement de régime. Aussi a-t-elle rappelé la pertinence de la Déclaration sino-russe en date du 4 juillet dernier, rejointe par la Chine, qui a demandé à Washington de renoncer au système antimissile balistique THAAD.
Dans cette Déclaration commune, la Chine et la Fédération de Russie proposent à la RPDC d’instaurer un moratoire sur ses essais nucléaires et ses tirs de missiles, et à la République de Corée et aux États-Unis de s’abstenir de nouvelles manœuvres militaires dans la région. Parallèlement, l’initiative sino-russe prévoit que les parties opposées entament des négociations et adoptent des principes de relations bilatérales basés sur le non-recours à la force et l’intention de parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.
« Nous ne cherchons pas la guerre », ont assuré les États-Unis, estimant que Pyongyang n’a pas encore atteint « le point de non-retour ». Si la RPDC met fin à son programme nucléaire, le chemin de la paix sera de nouveau possible, a laissé entrevoir la représentante américaine. « Mais si la RPDC poursuit sur cette voie dangereuse, nous continuerons d’augmenter la pression », a-t-elle prévenu.
« Les mesures au rabais n’ont pas porté leurs fruits et les efforts antérieurs ont échoué », a-t-elle tranché, en affirmant que les mesures adoptées aujourd’hui devraient se traduire par l’interdiction de 90% des exportations de la RPDC et au gel de 500 millions de dollars de revenus mensuels.
Aux yeux de la France, la résolution adoptée ce soir articule trois exigences: la première, une exigence de « lucidité » face à l’évolution de la menace posée par la RPDC; la deuxième, une exigence de « fermeté »; la troisième, une exigence de « diplomatie ». Pour le représentant, « la fermeté maximale, sous la forme d’un renforcement des sanctions, est le meilleur levier pour promouvoir un règlement politique demain ».