Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur l’attentat perpétré contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, le 06 septembre 2017, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de septembre, M. Tekeda Alemu (Éthiopie):
Les membres du Conseil de sécurité ont condamné dans les termes les plus énergiques l’attaque perpétrée contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à proximité d’Aguelhoc (Mali) le 5 septembre 2017, au cours de laquelle deux soldats de la paix tchadiens ont trouvé la mort et deux autres ont été blessés.
Les membres du Conseil ont présenté leurs condoléances les plus sincères aux familles des victimes ainsi qu’au Gouvernement tchadien et à la MINUSMA. Ils ont souhaité un prompt et complet rétablissement aux blessés, et rendu hommage aux soldats de la paix qui s’acquittent de leur mission au péril de leur vie.
Les membres du Conseil ont demandé au Gouvernement malien de mener sans tarder une enquête sur cet attentat et d’en traduire les auteurs en justice. Ils ont rappelé que les attaques dirigées contre les soldats de la paix pouvaient constituer des crimes de guerre au regard du droit international. Ils ont souligné que le fait de préparer, de donner l’ordre de commettre, de financer ou de commettre des attaques contre les soldats de la paix de la MINUSMA justifiait l’imposition de sanctions, conformément aux résolutions du Conseil.
Les membres du Conseil ont réaffirmé que le terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations, constituait l’une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationales. Ils ont insisté sur la nécessité de traduire en justice les auteurs, organisateurs et commanditaires de cet odieux acte de terrorisme et ceux qui l’ont financé. Ils ont souligné que les responsables de ces meurtres devaient être amenés à en répondre, et demandé instamment à tous les États de coopérer activement à cette fin avec toutes les autorités compétentes, comme ses résolutions et le droit international leur en faisaient obligation.
Les membres du Conseil ont réaffirmé que tous les actes de terrorisme étaient criminels et injustifiables, quels qu’en soient les motivations et les auteurs et indépendamment de l’endroit et du moment où ils étaient perpétrés. Ils ont redit que tous les États devaient combattre par tous les moyens, dans le respect de la Charte des Nations Unies et des autres obligations découlant du droit international, notamment du droit international des droits de l’homme, du droit international des réfugiés et du droit international humanitaire, les menaces que les actes de terrorisme faisaient peser sur la paix et la sécurité internationales.
Les membres du Conseil ont réaffirmé leur plein appui à la MINUSMA et aux forces françaises qui la soutiennent. Ils ont confirmé leur ferme soutien aux activités menées par le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, Mahamat Saleh Annadif, et la MINUSMA pour aider les autorités et le peuple maliens à installer durablement la paix et la stabilité dans leur pays, notamment l’appui apporté par la Mission à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.
Les membres du Conseil se sont déclarés préoccupés par la situation en matière de sécurité au Mali. Ils ont exhorté les parties maliennes à appliquer pleinement l’Accord sans plus tarder, et ont noté que la pleine application de l’Accord et l’intensification des efforts déployés pour lutter contre les menaces asymétriques pouvaient contribuer à améliorer les conditions de sécurité dans tout le pays.
Les membres du Conseil ont en outre souligné qu’il importait que la MINUSMA dispose des capacités nécessaires pour s’acquitter de son mandat et promouvoir la sûreté et la sécurité des soldats de la paix des Nations Unies, conformément à la résolution 2364 (2017) du Conseil.