Une conférence de l’ONU se conclut par l’adoption d’un Traité «historique» sur l’interdiction des armes nucléaires


Le Mémorial de la Paix d’Hiroshima, ou Dôme de Genbaku, fut le seul bâtiment à rester debout près du lieu où explosa la première bombe atomique, le 6 août 1945. ONU Photo

Les Etats participants à la Conférence pour la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires ont adopté vendredi 07 juillet 2017 à New York un Traité rendant illégales les armes nucléaires.
Les Etats participants à la Conférence ont approuvé le Traité, par 122 voix pour, une contre (Pays-Bas) et une abstention (Singapour).
«Nous allons quitter cette salle aujourd’hui avec la satisfaction du devoir accompli, (…) forts du désir des peuples du monde entier de forger un monde sans armes nucléaires», a déclaré la Présidente de la Conférence, Elayne Whyte Gómez, du Costa-Rica. «C’est un message historique pour l’humanité», a-t-elle ajouté.
«Nous sommes sur le point de dire aux ‘Hibakusha’ qu’après tant de décennies, nous avons enfin jeté les bases d’un monde sans armes nucléaires», a poursuivi la Présidente, en présence de deux survivants d’Hiroshima venus assister, visiblement émus, à l’adoption du texte, Setsuko Thurlow, Ambassadrice de la paix d’Hiroshima, et Toshiki Fujimori, Secrétaire général adjoint de la Confédération japonaise de l’organisation des victimes des bombes A et H (Hidankyo).
«Nous sommes sur le point de dire à nos enfants que, oui, il est possible d’hériter d’un monde exempt d’armes nucléaires pour les générations futures», a insisté Mme Whyte Gómez, avant de saluer les négociateurs du texte pour avoir travaillé «sans relâche» à l’élaboration du texte.
Point d’orge de la Conférence, cette adoption est en effet venue ponctuer plus de trois semaines de négociations acharnées entre Etats membres, marquées par les apports significatifs des représentants de la société civile et la présence médiatisée de plusieurs survivants d’Hiroshima et de Nagasaki – les «Hibakusha», dont le Traité reconnait les souffrances. Au fil des négociations, entamées le 15 juin dernier, ce qui était un projet de convention est devenu un «projet de traité sur l’interdiction des armes nucléaires», composé d’un préambule de 24 alinéas et de 20 articles.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est félicité de l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, rappelant qu’il s’agit du premier instrument multilatéral juridiquement contraignant pour le désarmement nucléaire qui ait été négocié en 20 ans.
«Le Secrétaire général espère que ce nouveau traité favorisera un dialogue inclusif et une coopération internationale renouvelée visant à atteindre l’objectif déjà attendu du désarmement nucléaire», a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.
«L’impulsion pour le traité reflète les inquiétudes croissantes concernant le risque posé par la continuation de l’existence d’armes nucléaires ainsi que la prise de conscience des conséquences humanitaires catastrophiques qui résulteraient si les armes nucléaires étaient toujours utilisées», a ajouté le porte-parole. «Le traité représente une étape importante et une contribution à l’aspiration commune d’un monde sans armes nucléaires».