Face aux violations des droits de l’homme, le chef de l’ONU appelle à l’unité du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’ONU. (archives) Photo ONU/Manuel Elias

Devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné que le respect des droits de l’homme représente un élément crucial de la prévention qui constitue un moyen essentiel de «réduire les souffrances humaines, de créer des sociétés stables et prospères et de permettre aux populations d’atteindre leur plein potentiel».
Pour M. Guterres, la transformation d’alertes précoces en actions anticipées dépend de la confiance entre les États membres et dans leurs relations avec l’ONU. «Le Conseil de sécurité a un rôle majeur à jouer», a-t-il souligné, citant l’article 24 de la Charte des Nations Unies : «la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales incombe à ce Conseil ‘afin d’assurer une action rapide et efficace’».
Le Secrétaire général a attiré l’attention du Conseil sur trois points. «La quête de la paix est ce qui doit nous guider, le long d’un continuum qui va de la prévention, du règlement des conflits à la consolidation de la paix et au développement durable», a-t-il dit.
M. Guterres a également souligné que la paix, la sécurité, les droits humains et le développement durable se renforcent mutuellement. «La Charte des Nations Unies, que nous nous devons tous de défendre, a joué ici un rôle fondateur, en ce qu’elle lie ces trois piliers», a-t-il rappelé. «Quand l’ONU tente de les traiter isolément, souvent, elle faillit à la mission que les États Membres et les peuples lui ont confiée», a-t-il dit, rappelant que plusieurs processus de réformes ont mis en évidence que la fragmentation de l’action est l’une des faiblesses majeures de l’Organisation.
Dans son dernier point, le Secrétaire général a souligné que l’ONU doit envisager les droits humains selon une démarche cohérente et rationnelle. «Il appartient au premier chef aux États Membres d’intégrer la promotion et la protection des droits humains dans leurs politiques nationales», a-t-il déclaré. «Mais une étroite coopération entre le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et tous les organes compétents de l’Organisation des Nations Unies, y compris le Conseil de sécurité, améliore la prise de conscience générale des situations de crise potentielles et notre capacité collective à y remédier».

Intégrer les droits de l’homme dans les mandats des missions de paix
Pour le chef de l’ONU, les droits humains sont intrinsèquement liés à la paix et à la sécurité, et leur prise en compte dans les délibérations et décisions du Conseil de sécurité est d’une grande importance.
«L’unité de ce Conseil est cruciale pour s’attaquer de manière efficace aux violations les plus flagrantes des droits de l’homme, et en particulier pour éviter les atrocités de masse», a prévenu M. Guterres, appelant les membres du Conseil à n’épargner aucun effort pour mettre un terme aux souffrances intolérables du peuple syrien. «Ne pas y parvenir est une tragédie qui nous fait honte», leur a-t-il rappelé.
Le Secrétaire général a salué l’octroi progressif par le Conseil de mandats solides incluant les droits humains et la protection des civils aux opérations de paix de l’ONU, précisant que 15 d’entre elles disposent à ce jour d’une composante consacrée aux droits de l’homme.
«Le suivi systématique et le signalement des violations des droits de l’homme ont donné une voix aux victimes et ont fait avancer la lutte contre l’impunité», s’est félicité M. Guterres. «En outre, ces efforts offrent des signaux d’avertissement importants aux sociétés qui mettent également en évidence la volonté du Conseil de prévenir de nouveaux abus», a-t-il ajouté, encourageant ce dernier à une coopération étroite avec son Conseiller spécial pour la prévention du génocide pour faire avancer ce travail.
«Si nous voulons vraiment relever les défis d’aujourd’hui, nous devons faire de la prévention notre priorité, aborder les causes profondes des conflits, aider à créer et renforcer les institutions, et réagir plus tôt et plus efficacement pour répondre aux préoccupations en matière de droits de l’homme», a-t-il précisé.