Le chef de l’ONU s’inquiète des décisions qui portent atteinte à l’intégrité du régime de protection des réfugiés

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Photo Forum économique mondial/Boris Baldinger (archives)

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est inquiété mardi 31 janvier 2017 des décisions qui, à travers le monde, portent atteinte à l’intégrité du régime international de protection des réfugiés.
«Les réfugiés fuyant les conflits et les persécutions sont confrontés de plus en plus à des frontières fermées et à un accès de plus en plus restreint à la protection dont ils ont besoin et ont le droit de recevoir, conformément au droit international des réfugiés», a dit M. Guterres dans une déclaration publiée par son porte-parole.
Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont suspendu vendredi dernier pendant quatre mois leur programme de réinstallation de réfugiés et ont interdit temporairement l’accès au territoire américain aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans.
«Les pays ont le droit, même l’obligation, de gérer de façon responsable leurs frontières afin d’éviter l’infiltration par des membres d’organisations terroristes», a déclaré le chef de l’ONU.
«Cela ne peut être fondé sur aucune forme de discrimination liée à la religion, à l’origine ethnique ou à la nationalité, parce que :
– c’est contre les principes et les valeurs fondamentales sur lesquels se fondent nos sociétés;
– cela déclenche une anxiété et une colère généralisées qui peuvent faciliter la propagande des organisations terroristes que nous voulons tous combattre;
– les mesures aveugles, qui ne reposent pas sur des renseignements solides, ont tendance à être inefficaces, car elles risquent d’être contournées par des mouvements terroristes globaux qui sont aujourd’hui sophistiqués», a-t-il ajouté.
M. Guterres a souligné qu’il revenait d’une visite en Ethiopie, qui depuis des décennies est le pays d’Afrique qui accueille le plus de réfugiés et «a gardé ses frontières ouvertes à des centaines de milliers de réfugiés des pays voisins, souvent dans des conditions sécuritaires dramatiques».